napoleon sainte helene autographe

(Napoléon Ier) / Corse-1793

 
 

Lettre signée par les officiers municipaux de la ville de Sartène, 10 février 1793, au conventionnel Ange Chiappe, 3 pages in-folio (déchirures), adresse (« Au citoyen Ange Chiappe. Député du Dept de Corse à la Convention nationale").
 
« Plusieurs décharges de coups de canon, qui ont massacré, à ce que l’on dit, quinze à seize citoyens, parmi lesquels on nomment Mario Peraldi, Buonarroti et un certain Buonaparte… »
 
« Très cher Concitoyen,
Nous n’avons pas répondu plutôt à vos lettres des 5 et 6 février courant, en ce que nous voulions préalablement voir établi en notre ville les deux corps administratifs et judiciaire qui se sont enfin détachés de Tallano, malgré les obstacles de quelques puissants factieux de ce canton, qui firent infructueusement tous leurs efforts pour mettre tout le district en insurrection afin de suspendre l’exécution du décret de translation.
Nous ne pouvons vous exprimer les sentimens de reconnaissance, dont tous nos concitoyens sont pénétrés, pour les soins que vous avez eu d’accélérer si avantageusement l’effet de nos justes réclamations. Il n’y avait que vous, il faut l’avouer avec franchise, qui pouviez redresser nos griefs, et nous faire rendre cette justice, qui avait été jusqu’à ce moment voilée par l’intrigue, et la perfidie des ennemis du bien public.
Pour témoignage de reconnaissance, aussitôt que la nouvelle nous fut parvenue, toute la ville entière se fit un devoir de faire chanter solennellement le tedeum qui fut précédé et suivi de plusieurs décharges et du son des cloches. Dans tous nos cœurs la joie brillait avec tout son éclat : de tous côtés on n’entendait que retentir avec enthousiasme vive Ange Chiappe notre concitoyen chéri, en un mot toute cette journée fut une fête continuelle.
(…)
Nous n’avons eu jusqu’à présent aucune nouvelle de Sardaigne. On débite cependant que la chaloupe destinée pour entamer la négociation à Cagliari ait subi plusieurs décharges de coups de canon, qui ont massacré, à ce que l’on dit, quinze à seize citoyens, parmi lesquels on nomment Mario Peraldi, Buonarroti et un certain Buonaparte. Comme cette nouvelle n’est pas bien sure elle mérite confirmation (…)
Les officiers municipaux en la ville de Sartène ».
 
La Convention nationale avait ordonné en février 1793 une expédition contre les îles de la Maddalena (au Nord de la Sardaigne) dans le cadre du conflit avec le Royaume de Piémont Sardaigne. Napoléon, cantonné à Bonifacio, y participe en tant qu’artilleur. L’opération est néanmoins sabotée par Pascal Paoli. Napoléon s’en indigne et parle de trahison. Il échappera d’ailleurs quelques semaines plus tard à une tentative d’assassinat perpétrée par des marins à Bonifacio. Le 2 avril, la Convention rendra un décret mettant Paoli hors la loi pour son refus de se soumettre à l’autorité de l’Assemblée.
 
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