jacques mesrine autographe

Mesrine (Jacques)

(1936-1979)
L’Ennemi public numéro 1

Poème autographe signé « Bruno », sans lieu ni date, à sa maîtresse Jocelyne Deraiche, 1 page in-12 oblongue (traces de scotch au verso). 

 

« Ombre tu es dans mon néant

Pour mieux tourmenter mon sommeil

Perdu le rêve à mon éveil !

La cage est là et tue l’amant.

 

Pour toi petite Canac de mon coeur… Avec tout mon amour passion.

Ton rêveur !

Bruno ». 

 

Nous joignons à ce poème un très intéressant cahier de prison de la maîtresse de Jacques Mesrine. Cahier d’une cinquantaine de pages dont une trentaine comportant des écrits de Jocelyne Deraiche (mars-mai 1973). La première partie de ce cahier est constituée d’une série de définitions : « complaire : Trouver du plaisir, de la satisfaction. Austère : Dure, sévère, rude, rigoureux. (…) Aristocratie : Classe des nobles, des privilégiés… ». À la suite de ces définitions, nous trouvons une liste de mots anglais traduits en français.

Dans la seconde partie du cahier, Jocelyne Deraiche note au jour le jour ses activités en prison : 

 

« jeudi 8 mars 73 (Poste, garde à vue) : arrestation vers 6 et demie de moi. Bruno. Michel vers 10 heures. Nous sommes partie pour le poste. Nous étions dans un auto à part accompagné de X flics. Au poste interrogation. Nous avons passé la nuit au poste dans des cellules séparé l’un de l’autre » (…) 

 

« Dimanche 11 mars  : (…) vers 7 heures j’ai vu le juge qui m’a incarcéré à la Prison Fleury Merogis. Vers 10 heures arrivé à la prison. Je n’ai pas vu Bruno depuis Samedi. Après la fouille j’ai gagné ma cellule… » (…)

 

« Jeudi 15 mars : Prison, je suis allé me faire interrogé par les flics. Bruno y était mais nous nous sommes pas vue. Interdit. L’interrogatoire a duré toute la journée. Arrivé dans ma cellule. J’ai écrit une lettre à mon avocate ». (…)

 

« Lundi 14 mai : Prison. L’atelier 8 et demie à 11h et demie. Extraction. SORTIE ». 

 

Ce cahier fait suite à l’arrestation de Jacques Mesrine et de Jocelyne Deraiche le 8 mars 1973 à Boulogne-Billancourt. Mesrine sera condamné en mai à 20 ans de prison. Il s’évadera le 6 juin 1973 lors d’un procès au palais de justice de Compiègne en prenant en otage le président du tribunal.  


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