Affaire Markovic (1968)

François Marcantoni (1920-2010). 
Homme du Milieu.

« Les armes à Delon », Manuscrit autographe, (1969), 2 pages in-4 (pages de cahier d’école). Joint : une carte de visite autographe signée de F. Marcantoni.

 

Mémoire de défense de François Marcantoni lors de l’affaire Markovic, au sujet d’un cambriolage dans les maisons d’Alain Delon. 

 

« Les armes à Delon.

Le dernier exemple de cette affabulation est apportée dans l’affaire de la collection d’armes à Delon.

Stephan Markovic a déclaré à des voyous yougoslaves qu’il devait cambrioler la collection d’armes d’Alain Delon qui valait 60 millions, et qu’avec moi on la ferait racheter 20 millions par Alain Delon. Or, cette collection était répartie dans l’appartement de Delon à Paris, et dans sa maison de campagne. Il aurait fallu faire deux cambriolages.

De plus la collection ne vaut que 3 millions et monsieur le juge a fait savoir à la presse (bien avant le dépôt du rapport d’expertise que la valeur de cette collection était celle indiquée par Delon) 3 millions.

Voir le journal le Monde, le lendemain du PV de transfert de cette collection.

Stephan Markovic a déclaré aussi qu’à la maison de campagne d’Alain Delon, il y avait une commode valant 20 millions ancien franc. et qu’il allait la voler.

Alain Delon a rétorqué que cette maison de campagne était louée et meublée et que les meubles n’avaient aucune valeur.

Monsieur le juge d’instruction s’est bien gardé de faire la lumière sur ce point.

Il semble que le magistrat ne veuille pas ternir la mémoire de ce repris de justice.

 

Commencement : que toutes les fois que l’on a pu contrôler les déclarations de Markovic à ses compatriotes, on s’est aperçu que c’était un affabulateur et un menteur qui aimait se faire mousser auprès de ses compatriotes ».  

 

Le 1er octobre 1968, Stephan Markovic, garde du corps d’Alain Delon, est retrouvé assassiné dans les Yvelines dans décharge publique. Ce fait divers se transformera vite en une affaire d'État visant à discréditer l’ancien Premier ministre Georges Pompidou, alors prétendant à l’Élysée. C'est « l’affaire Marković ». 

François Marcantoni, truand reconnu, ami d’Alain Delon et habitant près du lieu où fut découvert le cadavre de Marković, est le coupable idéal, du fait d'une correspondance interceptée. Marković avait écrit : « Si je suis assassiné, ce sera à 100 % la faute d’Alain Delon et de son parrain François Marcantoni». Peu de temps après, des photos circulent sous le manteau qui représenteraient des personnalités politiques, des médias, du spectacle et autres en pleine action lors de soirées fines. Partouzes dont Marković est supposé être l'un des organisateurs. Parmi les participants, on peut selon la rumeur, reconnaître l'épouse de Georges Pompidou qui, quelques mois plus tôt, a été remplacé par Maurice Couve de Murville au poste de Premier Ministre. Les enquêteurs font un second lien entre Marcantoni et Marković en inspectant la housse de matelas Tréca retrouvée sur le lieu du meurtre. Parmi les sept noms des acheteurs qui se sont procuré un matelas Tréca : Marcantoni. Il passera onze mois en prison avant d’être libéré sous contrôle judiciaire en décembre 1969, et n’obtiendra un non-lieu qu’en 1976, faute de preuves et grâce à Jacques Isorni, son avocat. Au sujet de cette affaire, il ose cette phrase devenue célèbre : « Nous ne sommes que trois à savoir la vérité : Delon, moi et Dieu, or ce dernier ne balance jamais ».


Vendu