Poilus (14-18)

Première Guerre mondiale
(1914-1918)

POILUS DE 14/18

 

Trois lettres autographes signées d’un soldat à sa soeur, (1914/1916), 7 pages in-12, au crayon gras.

 

Très émouvant témoignage d’un soldat lors de la Première Guerre mondiale.

 

Jeudi 26 novembre (1914) : 

 

« nous repartons ce soir pour les tranchées… »

 

« Chère soeur,

je m’empresse à deux jours d’intervalle de t’écrire car j’ai reçut ton colis hier au soir. Je récrit donc de suitte car nous repartons ce soir pour les tranchées à nos anciens emplacements. Tu as pensser à ce qui me fallait surtout pour les genouillères moi qui a déjà des bandes molletières maintenant je ne craindrait plus le froid aux jambes.

Combien aussi on en voit en ce moment qui vont à la visitte pour les pieds gelées une chose assez malheureuse qui ne revient pas quand on a les pieds gelées. 

Quand à moi je me plain pas encore pour le moment, mais cela peut venir assez tôt. 

Nous sommes donc à Clermont en Argonne depuis 8 jours pour le quartier général. Aujourd’hui nous ramassonts la neige avec les pelles qui na pas cesser de tomber hier toute la journée mais aujourd’hui le temps voudrait changer.

Enfin pour le moment rien d’extraordinaire. Je te remercie donc beaucoup en attendant qu’en arrive la fin… »

 

Jeudi 29 avril (1915) : « encore demain et un retour en tranchée… »

 

« Chère Soeur et cousin,

Je profitte avoir reçut la lettre et ton colis hier pour faire réponse de suitte surtout que aujourd’hui nous sommes au repos. Ces déjà le 5e jour alors encore demain et un retour en tranchée. Vos provisions son faite car faut pensser aujourd’hui que nous remontons et ces pas pour 10 jours comme cet hiver ces pour un mois ou plus. Ma musette est bien garnit et ceux de l’adjudant.

J’ai reçut de l’argent de chez nous et je ne m’amuse pas à boire (…) j’achète plutôt des friandises, confiture, petit beurre, etc… »

 

 

11 mars 1916, Bergues (Nord) : 

 

« il faut bien passer à toute les misères que cette guerre nous apose, il pleut tout les jours… »

 

« Chère soeur et nièce et cousine,

En réponse de ta lettre que jait reçut hier je m’empresse de ten faire reponsse pour te dire que je ne suit plus à l’hôpital. Je suit dans un dépôt de convalescence à Bergue. Jait écrit à Armand ce matin ainsi que Mignon. Jait aussi reçut des nouvelles de Filay qui n’était pas bonne qu’art jait apris que Gaston Bouillet et George Novan était tué et mon copain Marius Dupré était fait prisonnier et aussi que Mignon était légèrement blessé. Enfin moi ou je suit on est à 500 malades et blessés et si on a besoin de rien on est vite soigné. Aujourd’hui je vait beaucoup mieux mais jen ait bien encore pour un moi quart mon doit qui était cassé n’est pas prêt d’être guerie. La cassure et les blessures sont passés mait la dejouainture ne se remettra jamais. Jen resterait estropié.

Tu a bien fait de ne rien menvoyé qu’art cela aurait été perdue. Mais si tu a envie de menvoyer qu’elque chose pour manger tu peut me l’envoyer qu’art on est nourrit comme des chiens.

Enfin que veu tu il faut bien passer à toute les misères que cette guerre nous apose, il pleut tout les jours et tout les jours il arrive du renfort. Les boches on fait la nuit dernière 12 attaques sur (?) et 18 sur Ypres mais il nont pas passés. Enfin je finit ma lettre en vous embrassant bien tous de coeur et d’amitié. Ton frère Thomas du 4e zouave dépôts d’éclopés Raymond à Bergues (Nord) ».



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