Quai des Brumes (1938)

Quai des Brumes
(1938)

Carton d’invitation pour le célèbre film de Marcel Carné sur un scénario de Jacques Prévert avec Jean Gabin, Michèle Morgan et Pierre Brasseur, 31 mai 1938 (jour de sortie du film), une page in-8 oblongue.

 

La première au cinéma Marivaux le 17 mai 1938 est un retentissant succès. Une partie de la critique encense l’œuvre mais une sombre cabale s’ourdit, qui dénonce son pessimisme et son défaitisme. Le producteur, Grégor Rabinovitch , effrayé par le caractère non conventionnel et « immoral » du projet, avait déjà rendu le tournage éprouvant, ne cessant de demander des coupes. Le film, en première ligne de la censure à l'automne 1939, est interdit. Afin d’éviter toute saisie ou destruction, Henri Langlois le cache dans un dépôt, avec une vingtaine d’autres films. Il ne ressort sur les écrans français de l’Occupation, mutilé, qu’en 1941. 

 

À propos de Quai des brumes, Henri Langlois écrivait en 2014 : « Jamais le cinéma français, depuis 1914, n’avait été si haut aux yeux des spectateurs, n’avait trouvé de tels accents, n’était allé si loin dans l’humain, n’avait produit des œuvres si populaires, n’avait répondu à ce point aux inquiétudes, aux besoins, aux problèmes de leur temps : La Bandera, La Belle Equipe, Pépé le Moko, Le Quai des brumes, Hôtel du Nord, Le jour se lève, Les Disparus de Saint-Agil, Le Crime de Monsieur Lange, La Grande Illusion, La Marseillaise, La Bête Humaine, La Règle du jeu, Espoir. Le cinéma français surclassait le cinéma américain, triomphait à l’étranger, moins pour la qualité de sa technique et de sa forme que pour la valeur humaine, pour le message qu’il portait ». 


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