Benoît XIV

(1675-1758)
Pape de l'église catholique

Lettre écrite en son nom, Rome, 12 septembre 1744, à Louis XV, 2 pages in-folio, en italien (traduction d’époque jointe).

 

Belle lettre du Pape à Louis XV pour le féliciter de sa guérison après la grave maladie qui l’avait frappé à Metz, et la confession publique de ses pêchés.

 

« A nostre tres cher fils en Jesus Christ Salut en benediction apostoltique. Nous avons appris par les lettres de Nostre ministre aupres de Vostre Majesté quelle avait estes dangereusement malade quelle sestait disposée a mourir avec une resignation heroique et que Dieu avait bien voulu luy rendre la santé. Vostre Majesté estai persuadee de notre grande affliction lorsque dettes (ces) lettres nous ont informés de la grande maladie ayant eu present a notre espoir la perte du fils ainé de l’Eglise a la fleur de son age, et ayant senti toutes les consequences qui pouvaient resulter dun si funeste accident.(…) Dieu luy avait rendu la sante pour le bonheur de tout le monde. Nous nous en réjouissons de bon coeur avec vous meme, avec la religion catholique, avec le Saint Siege, avec vostre Majeste, avec vostre heureux Royaume et avec tous les habitants du monde. (…) Nous promettons à Vostre Majeste demployer nos prieres quoy que faibles pour obtenir du Roy des Roys, quel maintienne dans lame de Votre Majeste jusqu’a la mort la sainte disposition dans laquelle elle sest trouvee lorsquon luy a anoncee quelle ne serait pas encore longtemps sur la terre et de luy accorder une longue avec une bonne santé… »

 

Un événement a profondément marqué la personnalité du roi Louis XV et la suite de la vie politique française : « L'épisode de Metz ». Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. 

Le 4 août 1744, à Metz, il tombe gravement malade d'une fièvre subite et inexpliquée, une « fièvre maligne » d'après les médecins de l'époque. En hâte, les médecins parisiens accourent auprès de Louis XV, dont l'état est préoccupant : le chirurgien royal, François de La Peyronie, pratique des saignées, et François Chicoyneau, médecin à la Cour, multiplie les médications. Mais le patient continue de voir son état empirer d'heure en heure, et le 12, le chirurgien déclare que le roi n'en avait que pour deux jours. Le 15 août, Louis XV reçoit l'extrême-onction.Les prières se multiplient à travers le pays pour son salut. 

Le roi fait le vœu de faire construire une église dédiée à Sainte Geneviève, dans le cas où il guérirait. Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refuse de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses péchés où le roi apparait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. 

Colportée dans tout le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Le roi échappe à la mort et, à la suite de la messe d'action de grâce célébrée en l'église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier reprend les qualificatifs du célébrant et appelle le roi Louis le Bien-Aimé. Louis XV donne ses indications pour faire construire l'église qu'il avait promise en cas de guérison ; elle deviendra le Panthéon.


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