Louis XV autographe

(Louis XV / Episode de Metz)

(1710-1774)
Roi de France et de Navarre

PHELYPEAUX DE MAUREPAS Jean-Frédéric de (1701-1781). Secrétaire d’État à la Marine sous Louis XV puis Ministre d’État sous Louis XVI. 

 

Lettre signée, Metz, 14 septembre 1744, 2 pages in-4 (double feuillet).

 

« Le Roy, dont la Santé se confirme (…) commence à sortir en carrosse… »

 

« J’ai reçu Monsieur vos lettres du 10 et du 11. La plus grande partie ne vaut que sur les préparatifs ou l’exécution, du feu et des illuminations qui ont été données à Paris. je vois avec plaisir que tout le monde a été content et je puis vous assurer que le Roy, dont la Santé se confirme et qui commence à sortir en carrosse a été sensible à la joie que les peuples ont témoigné.

M. Oury qui est passé hier vous expliquera ce qu’il peut sur le projet des (…) lanternes auquel il veut donner une nouvelle tournure.

On a je crois remis à la Peyronnie (chirurgien du Roi) la lettre (…) mais je n’ai point vu la signification dont vous parlez et puis quel effort nécessaire, il n’aurait pas fallu l’associer, quand aux autres lettres qu’il écrira, je crois inutile de les rendre lorsqu’elles ne parleront que de son affaire.

M. Mesnard ne m’a encore rien envoier sur les Jacobins (…) j’ai vécu toutes les expériences que vous m’avez envoier, le bon n’y est pas fort commun. On ne sait rien encore sur le séjour que le Roy fera ici. J’ignore également celui que j’y pourrai faire encore. Personne ne vous est Monsieur plus attaché que je le suis.

Maurepas ». 

 

Un événement a profondément marqué la personnalité du roi Louis XV et la suite de la vie politique française : « L'épisode de Metz ». Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. 

Le 4 août 1744, à Metz, il tombe gravement malade d'une fièvre subite et inexpliquée, une « fièvre maligne » d'après les médecins de l'époque. En hâte, les médecins parisiens accourent auprès de Louis XV, dont l'état est préoccupant : le chirurgien royal, François de La Peyronie, pratique des saignées, et François Chicoyneau, médecin à la Cour, multiplie les médications. Mais le patient continue de voir son état empirer d'heure en heure, et le 12, le chirurgien déclare que le roi n'en avait que pour deux jours. Le 15 août, Louis XV reçoit l'extrême-onction.Les prières se multiplient à travers le pays pour son salut. 

Le roi fait le vœu de faire construire une église dédiée à Sainte Geneviève, dans le cas où il guérirait. Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refuse de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses péchés où le roi apparait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. 

Colportée dans tout le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Le roi échappe à la mort et, à la suite de la messe d'action de grâce célébrée en l'église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier reprend les qualificatifs du célébrant et appelle le roi Louis le Bien-Aimé. Louis XV donne ses indications pour faire construire l'église qu'il avait promise en cas de guérison ; elle deviendra le Panthéon.

 

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