Péladan (Joseph)

(1858-1918)
Écrivain, critique d'art, occultiste français.

Lettre autographe signée, (1888) « Peladan », à Jean Lorrain, 2 pages in-8.

 

« Le vrai sadisme, c’est la volupté basée sur la souffrance d’autrui… »

 

« Mon cher Lorrain,

Je suis heureux de savoir mon vilain icône en ce retable. J’embête de vous avoir manqué l’autre O ! 

Quelle idée avez-vous donc pour le retard, je n’en est qu’un, entre vous et d’Aurevilly.

Il n’écrit presque plus. & qu’il est trop fort pour designer un déplaisir, qu’il s’est formulé bien plus sur Huysmans qui a dans A rebours a commencé la Sadisation du Connétable : une réflexion faite à moi & sans mission de vous la transmettre.

En votre lieu & place, à propos de la pudeur provinciale, je dirais que l’on enlace dans l’acception lettrée courante, Huysmans adjuvante (c’est son paquet, qu’il le porte) la compréhension du pervers. Mais que le vrai sadisme, c’est la volupté basée sur la souffrance d’autrui ; & même ; intitulez LA MARQUISE DE SADE & dites c’est la province, c’est alléchant pour le lecteur & ça satisfera le connétable que je verrai après-demain, qui a de la prédilection pour vous et qui m’écoute un peu.

Je suis incapable de vous pousser à un ennui, eh bien ! en franchise vous aurez grand tort, en venant à Paris, de n’aller pas d’abord rue Rousselet. (au 25 de la rue Rousselet, vivait Jules Barbey d’Aurevilly qui réunissait à une époque, tous les dimanches, quelques auteurs dont François Coppée, Paul Bourget, Huysmans, Peladan et jean Richepin entre autres).

(…)

Quant aux dames de Marseille, mieux vaudrait qu’elles fussentt rubriquées Dames de province ! ; parce que si Jean Lorrain fait mouche, ce qui n’est pas douteux, elles se revengeront (…)

Je finis ce mois, à Coeur perdu, & sorti du livre, avant de parler je réunirai mes critiques d’art pour vous les envoyer & vous demander alors, Très russe & d’autres oeuvres votre que je veux avoir & avoir lu puisque vous êtes mon ami.

Peladan ». 



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