Merda (Charles-André)

(1773-1812)
Gendarme, célèbre pour avoir tiré sur Robespierre durant la nuit du 9 thermidor, puis général de la R2volution et du premier Empire.

Lettre autographe signée, Paris, 12 décembre 1792, au citoyen Denniever, 2 pages in-4, adresse. Rare.

 

Curieuse lettre au moment où Merda est chargé d’escorter Louis XVI pendant son procès devant la Convention, et dans laquelle il est question d’un conflit d’argent entre son correspondant et un autre citoyen.

 

« Nous reconduirons vendredy le roy à la Convention… »

 

« Citoyen,

On m’a fait remettre une lettre du citoyen Simon principal Clerc du citoyen Lherbette Notaire, comme il vous priait de passer à l’étude je m’y suis transporté, il m’a fait part d’une lettre du citoyen Belin… ». Ce citoyen réclamerait avec persistance une certaine somme d’argent, Merda estime « il était juste qu’à son tour le citoyen Belin vous accordât quelques choses, puisque vous aviez accordées à toutes les demandes qu’il vous avait fait, que mêmes d’après la première entrevue que vous eûtes avec lui, il ne devait pas s’attendre à tout ce que vous lui aviez accordé, qu’au surplus vous pourriez le voir & vous arrangez définitivement avec lui… »

 

« Hier en revenant de reconduire le ci devant roy de la Convention, on remit une lettre à mon papa qui venait du citoyen Belin, il la portât chez vous (…) je vous conseil d’y faire un tout et tenir bon pour les 4 %, il peut et doit vous les accorder (…)

Votre concitoyen. Merda fils.

Nous reconduirons vendredi le roy à la Convention. On lui a donné ce matin un conseil… ».

 

Louis XVI avait été jugé par les députés de la Convention nationale. Le procès dura du 10 au 26 décembre 1792, s’achevant le 15 janvier par sa condamnation à mort. Le roi fut guillotiné le 21 janvier 1793 place de la Concorde. 

 

Issu d'une famille de commerçants parisiens, Merda entre dans la garde nationale parisienne en septembre 1789. Il aurait été de garde aux Tuileries lors de la journée du 20 juin 1792. Gendarme après le 10 août 1792, dans l'escadron des hommes du 14 juillet, il participe à l'arrestation de Maximilien de Robespierre et de Georges Couthon la nuit du 27 au 28 juillet 1794 (9 au 10 thermidor) An II, et revendique le coup de pistolet qui cassa la mâchoire de l'Incorruptible, proclamé Tyran, la veille, par la Convention.

Les témoins et les historiens mettent cependant ce fait en doute, l'hypothèse d'une tentative de suicide n'étant pas à écarter. Il fait valoir ce « fait d'armes » pour obtenir un avancement. La Convention constate son intervention (et ses blessures et meurtrissures) par un procès-verbal du 10 thermidor An II, Puis la Convention le nomme sous-lieutenant au 5ème régiment de chasseurs à Cheval - par un autre procès verbal - le 25 thermidor an II.


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