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Révolution française / Mémoires

Alexandre Lameth (1760-1829)


Député de la Noblesse aux États-Généraux, Un des grands acteurs de la nuit du 4 août et un des fondateurs du Club des Jacobins.

Mémoires (partiels) d’Alexandre Lameth dictées à son secrétaire et comportant de nombreuses corrections ou rajouts autographes de la main d’Alexandre Lameth, 80 pages in-folio et quelques feuilles intercalaires de format in-4, (années 1820), joint un portrait gravé d’Alexandre Lameth.

 

Mémoires manuscrits ayant servi à la publication de son ouvrage Histoire de l’Assemblée constituante (1828).

 

Exceptionnelles mémoires relatant le début de la Révolution française avec entre autres la journée du 14 juillet, la visite de Louis XVI à l’hôtel de ville de Paris (17 juillet), la nuit du 4 août et les journées du 5 et 6 octobre 1789.

 

Le manuscrit se compose de cinq cahiers. 

 

Le premier cahier (26 pages) commence la veille du 14 juillet où écrit Lameth « cette nuit se passait dans les alarmes. On répandait les bruits les plus effrayants sur les projets hostiles de la cour… ». Vient ensuite le matin du 14 juillet : « Le péril parut augmenter encore (…) deux membres de l’assemblée, qui étaient parvenus à sortir de Paris, rapportent que la capitale est en proie à un désordre général, qu’ils ont vu des citoyens égorgés… ». Lameth revient de manière succinct sur la prise de la Bastille et témoigne du trouble qui saisit l’assemblée de Versailles lorsqu’elle apprit le massacre du gouverneur de la Bastille (Delaunay) et du Prévôt des marchands(Flesselles) : « L’assemblée envoya mais inutilement deux députations au roi pour l’éclairer sur la gravité des circonstances et sur les évènements sinistres… ». Lameth relate que le Duc de Liancourt répondant aux questions du roi sur les mouvements de Paris dit : « Non sire, ce n’est pas une révolté, c’est une révolution ». Puis Lameth revient sur le caractère du roi Louis XVI : « Lorsque le duc de La Rochefoucauld ajouta d’après tout ce dont nous avons été témoins nous avons cru sire pour assurer le retour de la tranquillité publique devoir ordonner la démolition de la Bastille Le roi se redressa avec vivacité et dit c’est un peu fort mais puisque vous l’avez cru nécessaire au rétablissement de la paix à la bonne heure ! Ce fait inaperçu pouvait servir dès lors à faire pressentir quel serait le caractère du roi dans les crises politiques…Au reste on se tromperait étrangement si l’on pensait que Louis XVI doué d un caractère plus ferme eût pu arrêter le mouvement général on a vu ce qu’avait produit l’imprudent essai de la force Les Français de 1789 étaient mus par un invincible amour de la liberté et quelque énergie personnelle qu’eût pu avoir le monarque il ne fût point parvenu à vaincre celle de la nation… »

 

Le cahier se poursuit sur les débats qui agitent l’Assemblée nationale à Versailles (interventions de Barnave, de Mirabeau, Lally-Tollendal, Mounier, Clermont-Tonnerre) autour du rappel de Necker à son poste.  S’ensuit le récit de la visite de Louis XVI à l’hôtel de ville de Paris le 17 juillet 1789 : « Louis XVI vint lui-même confirmer par sa présence la réconciliation du trône avec le peuple (…) le roi fut reçu par (…) M. Bailly… », « Depuis la barrière jusqu’à l’hôtel de Ville toutes les rues tous les quais étaient bordés de citoyens sous les armes. Derrière se pressaient un nombre immense d’enfans femmes et de vieillards, le reste paraissait aux fenêtres… »

Alexandre Lameth cite les violences qui s’ensuivirent et le massacre de Foulon et de Berthier. 

 

Le deuxième cahier (16 pages) commence par le retour de Jacques Necker à son poste : « M. Necker rappelé de son exil par les vœux et l’influence de l assemblée nationale avait recueilli sur sa route les témoignages d une joie universelle En descendant de voiture il se présenta à l assemblée se rendit ensuite chez le roi et annonça le projet de faire son entrée le lendemain à Paris… » ; puis sur le cas du baron de Besenval sauvé du lynchage par Necker et dont l’Assemblée nationale demande et obtient son jugement. 

Lameth revient sur la Grande Peur qui agita le pays durant l’été : « L’agitation dont Paris avait été le théâtre se communiqua bientôt à toute la France Un grand nombre de courriers expédiés dans les provinces y répandaient les bruits les plus étranges. ils disaient que tous les lieux où ils avaient passé étaient en proie aux plus violens désordres, que des brigands avaient été envoyés pour mettre le feu aux récoltes… ».

 

ce cahier s’achève sur les débats de l’Assemblée nationale autour de l’égalité devant l’impôt et la suppression des privilèges (nuit du 4 août) : « Affligée de ces désordres de ces attentats au droit de propriété, l’assemblée nationale allait passer à la discussion d’un projet qui lui avait été présenté à cet égard par un député des communes lorsque le vicomte de Noailles et le duc d Aiguillon proposèrent de décréter l’égalité des charges et le rachat des droits féodaux comme la mesure la plus propre à rétablir la tranquillité publique… ».

 

Le troisième cahier (4 pages) fait suite au second et retranscrit (incomplètement) un discours d’Alexandre Lameth devant l’Assemblée nationale au sujet de la nouvelle constitution.

 

Le quatrième cahier (24 pages) débute par un discours de Barnave devant l’Assemblée nationale : « Si M. L’abbé Maury dit Barnave a cherché à soulager la capitale et les classes les plus indigentes de la société, il s’est étrangement trompé : il propose de remplacer les impôts de consommation par des impôts sur le luxe ; ce serait ruiner la capitale, porter atteinte au commerce national… ».

Suit, un discours d’Alexandre Lameth contre l’abbé Maury : « Il faut bien que je lui rappelle avec Montesquieu que la vertu même a besoin de limites qu’en voulant attaquer le luxe qui corrompt les mœurs on ne peut oublier que nous ne cherchons point à constituer une nation nouvelle mais à régénérer une nation dont le luxe tient à la richesse et pour laquelle le luxe est malheureusement un besoin une nation qui comme les rois est condamnée à la magnificence… ».

Vient ensuite le célèbre discours de Sieyès sur la liberté de la presse.

 

Le cahier est amputé d’une partie car Alexandre Lameth retranscrit ensuite un discours du roi daté du 4 février 1790, discours à ses yeux d’une importance capitale : « Un jour j’aime à le croire tous les Français reconnaîtront l’avantage de l’entière suppression des différences d’ordre et d’état. Il est question de travailler en commun au public à cette prospérité de la patrie qui également tous les citoyens et chacun voir sans peine que pour être appelé dorénavant à servir l’état de quelque manière il suffira de s’être rendu remarquable par ses talens ou par ses vertus… Je défendrai donc je maintiendrai la liberté constitutionnelle dont le vœu général d’accord avec le mien a consacré les principes. Je ferai davantage et de concert avec la reine qui partage tous mes sentimens je préparerai de bonne heure l’esprit et le cœur de mon fils au nouvel ordre de choses que les circonstances ont amené Je l’habituerai dès ses premiers ans à être heureux du bonheur des Français… ».

 

Le cinquième cahier (6 pages) relate les évènements allant de septembre 1789 jusqu’aux journées du 5 et 6 octobre. Il s’ouvre sur les débats autour de la nature du droit de véto consenti à Louis XVI puis les suites de la nuit du 4 août : « L’assemblée attendait avec inquiétude la promulgation tant désirée des arrêtés du 4 août lorsqu’elle reçut le 18 septembre une lettre du roi avec des observations détaillées sur chacun des articles. Toutes sages qu’elles pussent être elles produisirent une impression défavorable, l’assemblée n ayant point invité le roi à les consentir mais seulement à les promulguer Elle insista donc de nouveau auprès du monarque…Le roi cédant au vœu des représentans du peuple et peut être aussi à la force des circonstances leur envoya la sanction pure et simple qu' ils avaient demandée… ».

 

Ce cahier s’achève sur les journées d’octobre : « On arrivait aux derniers jours de septembre et des événemens malheureusement trop tragiques devaient bientôt accélérer encore la marche de la révolution Je veux parler des journées des 5 et 6 octobre… », « Dans la nuit du 4 au 5 octobre des rassemblemens eurent lieu au faubourg Saint Antoine et se propagèrent dans différens quartiers Vers sept ou huit heures du matin une tourbe d’hommes et de femmes de la classe la plus indigente et couverts des haillons de la misère se mirent en route pour Versailles… »


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