Latouche-Tréville (Louis)

(1745-1804)
Officier de marine français.

Lettre signée « La Touche Tréville comd en chef des forces navales de la république française à Saint-Domingue », Au Cap, 20 thermidor an 11 (8 août 1803), à l’Amiral anglais John-Thomas Duckworth, 2 pages in-folio.

 

Latouche-Tréville demande à l’amiral anglais ses intentions quant à son rapatriement en France pour raison de santé.

 

« Mon état est à peu près le même, et exige plus impérieusement que jamais, mon éloignement d’un climat où je finirais par succomber… »

 

« Monsieur l’Amiral,

Je viens d’apprendre par le retour du Parlementaire envoyé aujourd’hui par le général Rochambeau à votre escadre; et qui s’est rendu à bord du Thésée.

Que la lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrire le trois du courant, ne vous était pas parvenue.

Le vaisseau à bord duquel le commodore Lawrins avait eu la bonté de la remettre s’étant croisé, en se rendant à la Jamaïque avec celui de votre excellence.

Je prends la liberté de vous en adresser le duplicata, vous priant de me faire connaître vos intentions par le retour de l’officier que j’ai l’honneur de vous envoyer.

Mon état est à peu près le même, et exige plus impérieusement que jamais, mon éloignement d’un climat où je finirais par succomber (…) ».

 

Latouche-Tréville est promu vice-amiral et rejoint la France pour prendre le commandement de la flotte de la Méditerranée en juillet 1803 et reçoit la croix de la Légion d'honneur le 11 décembre suivant (19 frimaire an XII). Il conçoit alors un plan de grande envergure pour permettre à la flotte impériale se rendre maître de la Manche et permettre l’invasion de l’Angleterre : il s'agit, en échappant au blocus de la Royal Navy, de faire converger l'escadre du Levant (basée à Toulon) et celle du Ponant (basée à Brest), renforcées d'escadres de l'Atlantique (Rochefort, Le Ferrol) et espagnoles (amiral Gravina), jusqu'en mer des Caraïbes y menacer les colonies anglaises des Antilles pour y attirer la Royal Navy. Une fois celle-ci dans les Antilles, lui fausser compagnie en mettant cap sur le pas de Calais pour couvrir la traversée de la Grande Armée regroupée autour du camp de Boulogne. Mais, épuisé, il meurt à bord du navire amiral le Bucentaure en rade de Toulon, le 18 août 1804 après avoir prononcé ces dernières paroles : « Un officier de mer doit mourir sous le pavillon de son vaisseau. »



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