Gontaut-Biron (Armand-Louis)

(1747-1793)

Duc de Lauzun et de Biron, commandant des troupes de La Rochelle en 1793. Favori de Marie-Antoinette. Guillotiné en décembre 1793.



Rarissime lettre autographe signée, Nice, 21 février an 2 (1793), à un général, 8 pages in-4

 

Intéressante et longue lettre dans laquelle il défend le maréchal de camp Dagobert qui a mené une campagne active et fatigante et qui vient d'être remplacé par C. d'Hilaire :

 

 « Et bien pour récompense on ote au général Dagobert le grade dans lequel il sert depuis près de quatre mois, qui lui a été conféré par les commissaires de la convention nationale, tandis que nous voions des avancements si rapides que rien ne justifie (...) Il est de votre métier, et du bien du service de la république de faire confirmer dans le grade de maréchal de camp les C. Dagobert, Saint-Martin et Dumerbion… »

 

Il défend également le Mal de camp Brunet qui a rendu les plus grands services à l'armée d'Italie et s'en prend violemment à Jean-Nicolas Pache :

 

« Vous en souffrirai pas que chés un peuple libre il se constitue un régime d'avancement plus arbitraire, et plus révoltant que sous le règne des despotes (...) Le C. Pache dont je respecte le patriotisme, et dont je crois assurément les intentions excellentes est entièrement désorganisé et a mis hors d'état de service toutes les armées en traittant durement ou suspendant tout ce qui avait de l'intelligence en plaçant tout ce qui n'en avait pas et en ne répondant jamais aux questions importantes et pressantes. Enfin, le désir d'avoir de la popularité, et la crainte de la perdre lui ont fait faire mille choses contradictoires, et nuisibles au bien du service et il avait cependant en lui de quoi mériter, et acquérir de la popularité sans tout cela (...) Rien de ce qu'il m'avait promis, et de ce qui pouvait être expédié en 48 heures, ne l'est encore enfin l'organisation si pressante de cette armée, je ne l'ai pas, personne n'y connoit sa place et ne sait sur quoi compter (...) Si on ne me donne pas et le smoyens et les officiers que j'ai demandés, comme je ne pourrai plus raisonnablement conserver l'espor de faire du bien, il sera de mon devoir encore une fois de demander à ne plus commander en chef… ».

 

Élu député aux États généraux de 1789 par la noblesse du Quercy, Armand-Louis de Gontaut-Biron se rallie à la Révolution et entre dans le parti du duc d'Orléans. À partir de cette époque, il se fait appeler le général Biron.

Devenu lieutenant général le 13 janvier 1792, puis général d'armée le 9 juillet suivant, sous la Convention, il combat d'abord à l'armée du Nord puis à l'armée du Rhin. Le 16 décembre 1792, il prend le commandement de l'armée du Var, qui devient l'armée d'Italie, en remplacement du général Anselme, puis à partir de mai 1793 celui de l'armée des côtes de La Rochelle contre les Vendéens. Il prend Saumur sur les Vendéens et les bat à Parthenay. Il n'en est pas moins accusé de trahison par le Comité de salut public pour avoir offert sa démission. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il est arrêté et guillotiné le 31 décembre 1793 place de la Révolution à Paris. Son épouse Amélie de Boufflers est guillotinée le 9 messidor an II (27 juin 1794). Ses Mémoires vont de 1747 à 1783 et ont alimenté, tout au long des deux derniers siècles, une polémique sur son éventuelle liaison avec la reine Marie-Antoinette.


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