Bonaparte (Letizia)

(1750-1836)
Mère de Napoléon Ier. 

Deux lettres dictées à sa secrétaire (non signées), Rome, 14 juillet 1821, la première étant adressée à Lord Holland (Henry Vassal-Fox, 1773-1840) membre du Parlement anglais, et seul défenseur anglais de Napoléon (Il milita pour adoucir sa captivité à Sainte-Hélène). La seconde à un destinataire inconnu. 1 page in-4 chacune. Chaque lettre est accompagnée de la copie de plusieurs lettres  écrite de Sainte-Hélène (copie d’une lettre du comte Bertrand à Lord Liverpool datée du 2 septembre 1820, copie d’une déclaration de Napoléon en date du 16 août 1819, copie d’une lettre de Montholon à Pauline Bonaparte en date du 17 mars 1821 et copie d’une lettre du docteur Antommarchi en date du 17 mars 1821.)

 

Très importantes lettres de Letizia Bonaparte tentant d'intervenir pour adoucir les conditions d'exil de Napoléon Ier alors que celui-ci est décédé depuis le 5 mai. Letizia n'apprendra la mort de son fils que quelques jours après ces lettres.

 

1/-Rome, 14 juillet 1821, à Lord Holland :

 

« Milord,

Les copies des lettres et pièces que j’ai l’honneur de vous adresser par la présente vous feront excuser la liberté que je prends de vous recommander de patronner dans le parlement d’Angleterre ma requête pour la délivrance de mon fils ou pour le changement de son exil dans un climat européen où il puisse revenir de l’état affreux où il se trouve. Ces pièces m’ont été remises par l’abbé Buonavita que j’avais envoyé à Sainte Hélène en qualité d’aumônier, et qui est retourné à Rome ces jours derniers à cause du dépérissement de sa santé.

J’espère dans vos vertus que vous ne refuserez pas à mon fils et à moi de vous employer efficacement à ces fins. celui qui fait tenir compte de toutes les bonnes actions saura bien vous en récompenser… »

 

2/-Rome, 14 juillet 1821, à un « Monsieur » :

 

« J’ai reçu votre lettre du 22 mai, et depuis quelques jours l’abbé Buonavita est arrivé à Rome. Je vous envoie copie de toutes les pièces qu’il m’a apportées ; l’original de celle de Lord Liverpool, je l’expédie par ce courrier à lui-même. Je joins en outre la pétition signée que vous m’avez envoyée à cet effet pour le Parlement d’Angleterre, et j’envoie à Lord Holland l’autre copie également signée par moi avec toutes les pièces que j’adresse à vous-même (…) Veuille Dieu que vos amis puissent faire quelque chose pour mon fils ». 

 

Les copies qui accompagnent chacune de ces lettres sont :

 

Lettre du Comte Bertrand à Lord Liverpool, Longwood, ce 2 septembre 1820.

 

« Milord, j’ai eû l’honneur de vous écrire le 25 juin 1819 pour vous faire connaître l’état de santé de l’Empereur Napoléon attaqué d’une Hépatite chronique depuis le mois d’octobre 1817. À la fin de septembre dernier est arrivé le docteur Antommarchi qui lui a donné des soins. Il en a d’abord éprouvé quelque soulagement mais depuis ce Docteur a déclaré comme il résulte de son journal et de ses bulletins, que le malade est venu à un état tel, que les remèdes ne peuvent plus lutter contre la malignité du climat ; qu’il a besoin des eaux minérales ; que tout le temps qu’il demeurera dans ce séjour ne sera qu’une pénible agonie ; qu’il ne peut éprouver de soulagement que par son retour en Europe, ses forces étant épuisées par cinq ans de séjour dans cet affreux climat, privé de tout, en proie aux plus mauvais traitements.

 

L’Empereur Napoléon me charge donc de vous demander d’être transféré dans un climat européen comme le seul moyen de diminuer les douleurs auxquelles il est en proie… ».

 

Déclaration - dans les journées des 11, 12, 13, 14 et 16 août 1819. (Napoléon)

 

« On a essayé pour la première fois de violer le pavillon qu’habite l’Empereur Napoléon, qui avait été jusqu’à cette heure constamment respecté. Il a résisté à cette violence en fermant ses portes et ses serrures. Dans cet état il réitère la protestation qu’il a faite et fait faire plusieurs fois, qu’on ne violera le droit de sa porte qu’en passant sur son cadavre. Il a abandonné tout, et vit concentré depuis trois ans dans l’intérieur de six petites chambres pour se soustraire aux insultes et aux outrages. Si l’on a la lâcheté de lui envier ce refuge, on est donc résolu à ne lui en laisser d’autre qu’un tombeau (…) Signé Napoléon ».

 

Lettre du Comte de Montholon à le princesse Pauline Borghèse, 17 mars 1821.

« Madame. L’Empereur me charge de rendre compte à votre Altesse de l’été déplorable de sa santé. La maladie de foie dont il est attaqué depuis plusieurs années et qui est endémique et mortelle à Sainte-Hélène, a fait des progrès effrayant depuis six mois. Le bien qu’il avait éprouvé des soins du Docteur Antommarchi ne s’est pas soutenu ; plusieurs rechutes se sont succédées depuis le milieu de l’année dernière et chaque jour son dépérissement a été sensible ; sa faiblesse est extreme, il a peine à soutenir la fatigue d’une promenade d’une demi-heure au pas en calèche, et ne peut marcher, même dans ses appartements sans être soutenu (…) 

 

Lettre du docteur Antommarchi chirurgien de l’Empereur Napoléon à S.M. le Cardinal Fesch, 17 mars 1821 (lettre écrite en italien).

 



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