Mérimée (Prosper)

(11803-1870)
Ecrivain, historien et archéologue français.

Lettre autographe signée, 27 décembre (circa 1855), à un Monsieur, 2 pages 1/2 in-8.

 

Prosper Mérimée poursuit sur ses recherches pour l’édition des Aventures du baron de Faeneste d’Agrippa d’Aubigné.


"Monsieur,

Mille remerciements pour la bonté que vous avez eu de faire tant de recherches. Votre explication a quelque chose de très plausible, cependant je vous avouerais qu’elle ne me satisfait pas entièrement. Observez la phrase : celui qu’ils appellent le petit tailleur ; il me semble qu’il ne s’agit pas d’un ouvrier travaillant de son métier, d’autant plus que dans tout ce qui précède, il n’est question que de fainéants ou de complaisants du maréchal et non de gens exerçant une profession manuelle.

Je vous demande la permission toutefois de garder votre citation de Malherbe si je ne trouve pas une autre solution à l’énigme.

Il y a un autre nom vraisemblablement défiguré dont je ne puis rien faire. Et pour lequel je me recommande à votre érudition. Livre 3, ch 17 - « Il a laissé 1400 pistoles entre les mains d’un ami près d’Angers et entre autres divers lieux autant, et 1,700,000 à la générale Chaü avec une licorne plus belle qu’il y en ait jamais eu en France. 

Et « dans l’édition de 1630 il y a la générale Chau. Comme il est question des Flibustiers dans ce chapitre, je pense qu’il s’agit de quelques uns de ces messieurs, mais je n’ai vu nulle part ce nom de Chat, ni celui d’un général Stincs dont il est parlé plus haut. Je suppose que D’Aubigné à pu écrire Chau, le nom d’un anglais Shaw, mais il n’est pas plus connu que Stinks parmi les flibustiers. Je vais au reste relire leur histoire. Si vous savez quelque chose de ces gens là, vous m’obligerez fort en me le communiquant (…)

Prosper Mérimée ». 

 

Prosper Mérimée avait travaillé sur une nouvelle édition des Aventures du baron de Faeneste qu’il fit paraitre en 1855. Édition qu’il annota et commenta. 

« Les Aventures de Faeneste sont écrites, comme tous les ouvrages de d’Aubigné, dans une langue singulière (je ne parle pas des patois) ; elle participe de l’abondance et de la verve négligée du XVIe siècle, et déjà cependant on y découvre le commencement de cette correction qui prévalut dans le XVIIe. L’auteur, qui, parmi plusieurs prétentions, eut peut-être celle de ne pas vouloir être homme de lettres, a un style à lui qui sent le cavalier ; toutefois sa prose porte l’empreinte de fortes études classiques et témoigne d’une communication habituelle avec le peuple, « le maître de langue par excellence ». C’est à ces deux sources qu’ont puisé tous nos grands écrivains. »

C’est en ces termes que Prosper Mérimée présenta cette édition.


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