Jacob (Max)

(1876-1944)
Poète, romancier, peintre français

Manuscrit autographe illustré d’un dessin (mains et visage d’un prédicateur ?), sans date, 1 page in-4, page numérotée 182 en rouge. Au verso : trois études de Saint Jean-Baptiste à la plume.

Joint : un feuillet portant une belle signature de Max Jacob précédée par un mot « oui ». 

 

« Voyons pour le pêcheur : le plus grand est celui qui sachant ce qu’est la pudeur de Dieu n’en continue pas moins à le blesser… »

 

« Les péchés.

Je vous ai vu. J’ai connu votre élégance qui ne peut tenir qu’à l’admirable pureté de votre âme. J’ai aimé votre présence et ma piété ne peut être que le désir de vous voir comme je vous sens et de vous sentir comme je vous pressens. Il ne peut être que le plus pur puisque il est le plus Scient, or la pureté est aussi la pudeur et la pudeur le reflet où reflète ce qui la choque. Et si le pur reflète l’impur songer à ce qu’il peut souffrir de ce qui veut pénétrer en lui.

Voilà pour Dieu.

Voyons pour le pêcheur : le plus grand est celui qui sachant ce qu’est la pudeur de Dieu n’en continue pas moins à le blesser. Exemple : moi qui ne pèche guère moins qu’autrefois maintenant je sais. Alors ? L’autre qui ne sait pas est excusable. Mais est-ce que nous ne sommes pas choqués par les grossièretés d’un innocent alors que nous lui pardonnons. Dieu souffre donc de tous les hommes et savants et ignorants et plus des savants parce qu’ils sont conscients ».

 

Ami des artistes séjournant à Paris (Picasso, Braque, Matisse, Apollinaire, Modigliani…), Max Jacob, juif de naissance,  se convertit au catholicisme en 1915. Il séjourne à l’abbaye bénédictine de Saint-Benoit-sur-Loire de 1921 à 1928 puis à partir de 1936. C’est dans cette abbaye qu’il est arrêté par la Gestapo en février 1944. Déporté au camp de Drancy, il y meurt d’épuisement. Le 17 novembre 1960, Max Jacob est déclaré officiellement « Poète mort pour la France ». 


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