Pozzo di Borgo (Charles-André)

(1764-1842)
Homme politique corse. Député à la Législative, devenu diplomate au service de la Russie.

Lettre autographe signée « Carlo Andrea » en italien, Paris, 24 mars 1792, à Monsieur Colonna Cesari à Corte (Corse), 1 page in-4 (forte déchirure au pli et rousseurs).

Traduction en français de la lettre jointe.

 

« Que nos aristocrates (ceux de Corse) se consolent, ceux de France rentrent en masse et se montrent plus sensibles à la confiscation de leurs biens qu’à l’honneur… »

 

« Paris, 24 mars 1792

Ami, voici la septième fois que je vous écris sans avoir reçu aucune réponse. Bien que je ne sache comment toutes ces lettres peuvent s’aitre perdues, je prends la précaution d’envoyer celle-ci à mon frère pour qu’il vous la remette fidèlement.

Je n’ai rien à vous signaler, pour faire suite à ma correspondance, sinon la marche du crédit public qui augmente peu à peu. Nos changes se relèvent et sans exagérer ma confiance, je puis vous dire que les affaires publiques prennent bonne tournure.

Le Ministère a été complètement changé. Clavière  est aux Finances, un certain Garnier est à la Justice et Lamarre à l’Intérieur. Tous sont Jacobins et jouissent de la confiance de l’assemblée. les Journaux vous diront le reste.

Que nos aristocrates (ceux de Corse) se consolent, ceux de France rentrent en masse et se montrent plus sensibles à la confiscation de leurs biens qu’à l’honneur après lequel ils courent au milieu des frimas de l’Allemagne escortés par la misère et le désespoir. 

Je vous prie de me répondre parce que j’ai besoin de vos lettres, et je ne pourrais me consoler si vous étiez indifférent aux sentiments d’amitié plus que particulière que j’ai pour vous, (…)

Carlo Andrea ». 

 

La lettre est écrite le lendemain de la formation d’un nouveau gouvernement décidé par Louis XVI et qui place les députés de la Gironde aux postes les plus importants.

Charles-André Pozzo di Borgo est alors député à la Législative où il siège sur les bancs de la droite jusqu’aux évènements d’août 1792.


250 €