Enghien (Duc d')

Assassinat du Duc d'Enghien.
Archives de l'avocat Dupin.

Bel Ensemble de lettres autographes adressées au célèbre avocat André Marie Jean-Jacques Dupin dit Dupin aîné (1783-1865), membre de l’Académie française, sur le jugement et l’exécution du duc d’Enghien (fusillé dans les fosses de Vincennes le 21 mars 1814). Ensemble relatif à l’ouvrage de Dupin paru en 1823 et intitulé : Pièces judiciaires et historiques relatives au procès du Duc d’Enghien.

 

Dans ce dossier de lettres toutes adressées à l’avocat Dupin nous trouvons :

 

1)-Princesse Charlotte de Rohan (1767-1841) que le duc d’Enghien aima et épousa en secret. Elle fut témoin de l’enlèvement de son mari en 1804. Lettre autographe signée à la troisième personne dans la texte Paris, (1823), 1 page in-4, adresse,  cachet de cire rouge à ses armes. rare.

 

« La Princesse Charlotte de Rohan revenue depuis peu de jours de la campagne a le plus grand désir de voir monsieur Dupin et le prie si ses occupations le lui permette de vouloir bien avoir la complaisance de passer chez elle, en lui en indiquant le jour pour qu’elle sois sure de s’y trouver. Elle le prie de recevoir l’assurance de sa sincère estime ». 

 

2)-Jean-Guillaume Hyde de Neuville (1776-1857), homme politique, agent royaliste qui brava la police impériale, ambassadeur, ministre. Lettre signée en tant qu’ambassadeur de France au Portugal, sans lieu, circa 1823, 1 page 3/4 in-4.

 

« J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire et la publication que vous avez bien voulu y joindre. L’exemplaire destiné à Sa Majesté la Reine (Dona Charlotte-Joachim de Bourbon, infante d’Espagne, femme du roi Jean IV du Portugal) lui a été remis de suite et sa lecture a fait verser des larmes à la petite fille de Louis XIV. Je suis chargé par sa Majesté elle-même de vous adresser ses remerciements. veuillez, monsieur, recevoir aussi tous les miens ; votre ouvrage si éminemment français ne peut qu’intéresser tous les âmes de l’humanité, de la justice et des Bourbons : il m’a vivement touché et je me suis félicité, Monsieur, d’être le compatriote de l’homme distingué qui sait si bien exprimer et sentir de beaux et nobles sentiments… ».

 

3)-Joseph-François, Louis Charles Duc de Damas (1758-1829), un des fidèles de Louis XVI, pair de France, lieutenant général pendant la Restauration. Deux lettres autographes signées :

 

La première datée du 4 novembre 1823, Tuileries, 1 page in-8 : « J’espère Monsieur que vous concevez pourquoi je n’ai pas eu l’honneur de répondre plutôt à votre lettre du 29 (…) s’il vous est possible de passer chez moi au château à cinq heures, je vous dirai ce dont il est question… ».

 

La seconde datée du 8 novembre 1823, Paris, 1 page in-4 : « J’ai reçu Monsieur les quatre exemplaires que vous avez bien voulu m’adresser de votre ouvrage sur l’assassinat de M. le Duc d’Enghien. Votre juste indignation contre ce crime odieux fait honneur à votre coeur et à vos sentiments, et ne peut que vous concilier l’estime de quiconque n’a point participé à cet attentat. je viens d’en envoyer un exemplaire à M. le comte de Rully qui jugera quel usage il doit en faire auprès du malheureux père (il s’agit de Louis-Henri Joseph de Bourbon, Prince de Condé)… »

 

4)-Hyacinthe Louis comte de Quelen (1778-1839), archevêque de Paris, Pair de France, membre de l’Académie française. Lettre autographe signée, Paris, 19 novembre 1823, 1/2 page grand in-4, adresse et cachet de cire rouge  :

 

« Je vous dois et vous fais mes remerciements pour l’exemplaire que vous avez bien voulu m’adresser du recueil de pièces relatives au procès de Mgr le Duc d’Enghien précédé de la discussion des actes de la commission militaire.

Si le coeur est douloureusement froissé au souvenir d’un attentat que l’on voudrait pouvoir oublier et effacer de note histoire, l’âme honnête éprouve du moins une consolation à la lecture de votre discussion où vous avez su faire paraître avec les talents qui vous distinguent les nobles et généreux sentiments dont vous êtes animé.

Que n’aves-vous pu alors, faire entendre votre voix… ».

 

5)-Denis Antoine Luc Frayssinous (1765-1841), évêque d’Hermopolis, homme d’État et controversiste. Premier aumônier de Louis XVIII, pair de France, ministre des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique, membre de l’Académie française. Lettre autographe signée, Paris, 20 novembre 1823, 1 page in-4, en-tête de L’Université de France, cabinet du Grand-maître.

 

« Le public vous attribue l’écrit intitulé Pièces historiques que vous avez bien voulu m’envoyer. Je l’avais déjà lu avec beaucoup d’intérêt et je n’ai qu’un seul reproche à faire à l’auteur, c’est d’avoir gardé l’anonymat lorsqu’il faisait de son talent un usage si honorable… ».

 

6)-Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824). Conventionnel, Archichancelier de l’Empire, il avait cherché à détourner Napoléon de l’exécution du duc d’Enghien. 

Lettre signée, 10 novembre 1823, 1 page in-8 :

 

« M. Thibon m’a fait passer la lettre dont M. Dupin m’a honoré en m’adressant un exemplaire de l’écrit qu’il vient de publier. je suis très reconnaissant de l’attention et de l’intention. je m’empresse de faire mes remerciements à M. Dupin… ».

 

7)-Baron de Saint-Jacques. Ancien secrétaire du Duc d’Enghien, devenu l’aide de camp du père de ce dernier.

Lettre signée, au duc de Damas, Palais Bourbon, 4 novembre 1823, 1 page in-4, apostille autographe signée « D » du duc de Damas qui adresse la lettre à Dupin. 

(Lettre relative à un rendez-vous accorder à Dupin).

 

8)-François-Auguste Fauveau de Frenilly (1768-1848). Poète, écrivain et agent royaliste. 

Lettre autographe signée, Paris, 28 novembre 1823, 1 page in-12 :

 

« J’ai lu, Monsieur, avec un extrême sentiment d’estime et de satisfaction l’honorable ouvrage que vous avez imprimer sur l’infortuné duc d’Enghien. La vérité d’une âme noble et belle y brille partout (…) J’ai quelquefois entendu dire que nos opinions n’étaient pas les mêmes. Depuis que je vous ai lu, j’ai peine à le croire. Quoi qu’il en soit, des sentiments tels que les vôtres les réconcilient toutes… »

 

9)-Chevalier Charles de Vassal. Il avait combattu sous les ordres du Duc d’Enghien et était alors attaché au duc d’Angoulême. 

Deux lettres autographes signées :

 

La première datée de Paris, le 8 novembre 1823 (il le remercie de l’envoi de son ouvrage).

La seconde, datée du 8 janvier 1823, aux Tuileries, 1 page in-4, adresse et cachets postaux : « M. le duc de Damas m’a permis de lire la discussion que vous lui avez confiée, sur les actes de la Commission militaire en l’an XII pour juger le Duc d’Enghien. Cette lecture m’a vivement intéressée tant par le sujet que vous traitez que par les sentiments nobles et généreux que vous y développez ; et j’avoue que si je n’avais pensé que c’était commettre une infidélité, je me serais empressé de prendre copie de votre écrit (…) j’ai eu l’honneur de servir sous le duc d’Enghien et la fin de ce jeune prince a inspiré la même indignation a tout ce qu’il y avait d’honnêtes gens, soit qu’ils fussent en France ou dans les pays étrangers… ».

 

10)-Neuf lettres ou notes manuscrites ou imprimés divers relatifs au livre de Dupin sur l’exécution du Duc d’Enghien.   

 

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