simone de beauvoir autographes manuscrits

Berthier (Maréchal) / Décès

(1753-1815)
Maréchal d’Empire

Lettre autographe signée « le prince de Wagram Alexandre », Bamberg, 22 mai 1815, au duc de Feltre, 1 page in-4.

 

Émouvante lettre de Berthier une semaine avant sa mort tragique (1er juin 1815). 

 

« J’adresse au Roy officiellement ma démission… »

 

« Mon cher Duc de Feltre,

J’ai reçu votre lettre et en même temps une du Roy, l’état de ma santé est toujours mauvais, j’ai un bras presque perclus et je suis obligé de persister à me retirer de toute fonction militaire et conformément à ce que vous me prescrivez par votre lettre, j’adresse au Roy officiellement ma démission dans les termes de la lettre dont copie est ci-incluse.

Vous me connaissez depuis 30 ans mon cher duc, assuré le Roy de ma fidélité dans ma retraite chez mon beau-père ou je suis occupé à soigner ma santé - en continuant les tristesses dans lesquelles je suis. Conservez moi mon cher duc, les sentiments de votre ancienne amitié.

Le Prince de Wagram.

Alexandre ». 

 

le maréchal Berthier s’était rallié aux Bourbons lors de la première abdication de Napoléon (1814). Louis XVIII le récompensa notamment en le nommant commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, pair de France et capitaine d’une compagnie des gardes du corps. Durant les Cent-Jours, il suivit le roi en Belgique puis se retira le 29 mars 1815 à Bamberg, en Bavière, auprès de sa femme. En avril 1815, il tenta de rentrer en France et fit les démarches nécessaires, assuré par son frère César Berthier que Napoléon ne lui en voulait pas. 

Dans ses conversations avec Mollien, l’Empereur répétait, sans accompagner ses regrets de plaintes ni de reproches, qu’il aurait besoin d’un Berthier, que le prince de Wagram était le plus intelligent et le plus habile des majors généraux, celui qui saisissait mieux que tout autre ses pensées et ses plans, qui savait les transmettre et les rédiger sous une forme claire et facile à comprendre. 

 

l’Autriche, par l’intermédiaire du chancelier Metternich, s’opposa bien évidemment à la délivrance d’un passeport pour Berthier qui du rester en Bavière sous surveillance. L’Autriche craignait que Napoléon se renforce en retrouvant son lieutenant. 

Berthier s’isola à Bamberg dans un profond état dépressif, totalement accablé et démoralisé. Le 1er juin, il tombait d’une fenêtre du troisième étage et se fracassait le crâne. Sa mort a été sujette à de nombreuses thèse et spéculations. Suicide ? Assassinat ? Accident dû à un accès de fièvre ? Elle précède de quelques jours la bataille de Waterloo durant laquelle le savoir-faire de Berthier en tant qu’organisateur manqua cruellement à Napoléon. 

 

En parlant de Berthier, Napoléon déclara à Sainte-Hélène : « Il m’a trahi parce que c’était un homme de Versailles ».


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