napoleon autographe

(Napoléon Ier) / Exil à Saint-Hélène

JAUCOURT François de (1757-1852)
Ministre de la Restauration

Lettre signée, comme ministre de la Marine et des Colonies, Paris, 13 juillet 1815, à M. de Rigny, capitaine de Frégate, 4 pages in-folio. Témoignage historique. Instructions pour prévenir toute tentative d’évasion de « Napoléon Buonaparte ».
 
« Napoléon Buonaparte n’est pas même prisonnier du seul Roi de France, il est celui de tous les souverains garants des traités de Paris et tous les princes envers lesquels, il a violé ses propres engagements en portant la guerre et la révolte en France »
 
Napoléon Bonaparte doit actuellement être embarqué sur la Saale et si le préfet maritime Bonnefoux s’est conformé aux ordres, une seconde frégate et un aviso ont dû quitter la rade de l’île d’Aix et remonter la Charente.
 
« Vous vérifierez quel est l’état des choses à cet égard, quelles sont les dispositions des esprits à Rochefort ; quelle sensation y a produite l’arrivée de Napoléon Bonaparte, quelle conduite, il y a tenue ; (…) si Napoléon Buonaparte est, ou non, à bord de la frégate la Saale ; si depuis qu’il est embarqué, il a fait des tentatives pour se faire mettre à terre ».
 
Jaucourt fait connaître le nouveau statut du personnage :
 
« Napoléon Buonaparte embarqué comme passager d’après les ordres du gouvernement provisoire qui a cessé d’exister des le moment où le Roi est rentré dans sa capitale n’est plus aujourd’huy un prisonnier placé sur une frégate du Roi et dont le commandement est responsable à Sa Majesté et aux souverains ses alliés (…) Napoléon Buonaparte n’est pas même prisonnier du seul Roi de France, il est celui de tous les souverains garants des traités de Paris et tous les princes envers lesquels, il a violé ses propres engagements en portant la guerre et la révolte en France, ont un droit égal sur sa personne ».
 
Aussi serait-il en vain que le Roi de France tenterait de faire prévaloir sa générosité naturelle :
 
« Il ne s’agit pas aujourd’huy de sa cause personnelle, seulement il s’agit de celle de toute l’Europe que Napoléon a contraint de s’armer »
 
Jaucourt charge le capitaine de plusieurs tâches de liaison auprès des forces anglaises ; lui-même enjoint le capitaine de la Saale de remettre son prisonnier au commandant anglais ; le ministre de la Guerre prescrit au commandant d’Aix de n’apporter aucune opposition à l’exécution de cet ordre :
 
« Tous deux sont prévenus que s’ils y résistaient, il seraient responsables du sang qui coulerait et qu’ils s’établiraient en rébellion ouverte contre le Roi (…) et qu’ils compromettraient eux-mêmes l’existence du prisonnier, s’ils étaient assés coupables, ou assés aveugles pour s’exposer sans succès à un combat inégal dans la seule intention de désobéir aux ordres ».
 
Jaucourt donne des ordres pour préparer le transfert du prisonnier avec tous les ménagements que la circonstance impose « et surtout de prévenir des malheurs qui affligeraient profondément Sa Majesté ».
 
 
Défait à Waterloo, Napoléon abdique le 22 juin 1815. Le 29 juin, il prend la route en calèche pour Rochefort puis Fouras où l’attendent deux frégates (la Saale et la Méduse) dans l’espoir de rejoindre les Etats-Unis. Le 8 juillet il embarque pour l’île d’Aix. Demandant asile aux Anglais, Napoléon est transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-Hélène.
Le 13 juillet (date de cette lettre), Napoléon vient de débarquer sur l’île d’Aix où il reçoit son frère Joseph qui vient lui proposer d’aller s’embarquer à Bordeaux en sa compagnie. Napoléon refuse et décline également de partir sur un bateau danois, à la faveur de la nuit. Dans la nuit du 13 au 14, Napoléon rédige la lettre adressée au prince régent d’Angleterre dans laquelle il demande son asile anglais.
 

Vendu

(Scans complets sur demande)