marquis de sade autographe

Sade (Marquis de)

(1740-1814)
Homme de lettres français

Lettre autographe signée « Sade », 5 brumaire an VIII (27 octobre 1799) au citoyen Courbet. 1 page in-8°. Adresse manuscrite au dos. Lettre de menace après la vente de certains biens du Marquis de Sade dans sa région natale du Vaucluse dans laquelle sa famille avait possédé de nombreuses terres (dont Mazan).
Pendant la Révolution, Sade avait été par erreur inscrit sur la liste des émigrés. Il avait subit la confiscation de ses propriétés. Alors qu’il apprend en 1799 que son nom a été retiré de cette liste, il part retrouver ses terres dont il avait confié la gestion à son notaire, ami et confident : Gaspard Gaufridy.
 
 « Une lettre injurieuse citoyen contre un homme qui possédera toujours toute mon amitié, m’a singulièrement affligé. Le citoyen Gauffridi a et aura toujours toute ma confiance, et je ne puis le blâmer de ce qu’il ne veut pas permettre qu’on me trompe. Vous ne pouvez vous dissimuler citoyen que vous ne m’avez pas payé mes biens se qu’ils valent (…) j’étais éloigné il m’était impossible de voir si l’on me rendait dupe ou non. Vous avez profité de ma situation et vous m’avez fait passer en plus le quart de la valeur de ce que je vous vendais.
C’est à votre propre conscience que je m’en rapporte, oserez-vous dire quelle ne vous reproche rien contre moi ? Cependant Citoyen, l’extrême envie que j’ai de continuer à faire des affaires avec vous et de vous prouver par là que je ne vous crois pas indigne de mon estime, était que j’écris par le même courrier au citoyen Gauffridi de suspendre toute poursuite vis-à-vis de vous à la clause et condition que vous me faisiez vendre une possession de Mazan à cet homme de Venasque ainsi que vous me le dites dans votre dernière lettre. Ce qu’il perd avec vous je le regarderai alors comme le pot de vin du marché que vous m’avez fait faire.
Mais sans cette clause Citoyen, n’ayant plus aucun motif de vous ménager puisque la tromperie restera seule en évidence et que la réparation ne la couvrira plus, sans cette clause dis-je, je recommande au Citoyen Gauffridi d’aller en avant à moins qu’un dédommagement du tout que vous me faites, vous me fassiez à l’instant payer 1000 ( ?) de plus sur les ventes que je vous ai passez.
Salut et fraternité. Sade. »
 
Malgré la confiance que Sade semble encore porter à son ami Gaufridy, qui avait été chargé de gérer ses propriétés foncières, Sade ne tardera pas à se rendre compte que la gestion du notaire fut catastrophique.
 
Vendu