Paul Verlaine Lettre autographe

Verlaine (Paul)

(1844-1896)
Poète français

Lettre autographe signée, Lécluse, 11 juin 1868, à Edmond Lepelletier, 3 pages in-12 (papier de deuil, petite déchirure en marge n’affectant pas le texte), adresse. Très belle lettre du jeune Verlaine.
 
« En parlant d’ineptie, fais-tu des vers ? Moi tous les matins j’essaie sans pouvoir tirer de mon cerveau marécageux autre chose que le rien, rien, rien ! »
 
« Mon cher Edmond,
Nous sommes, ma mère et moi impatients des nouvelles de ton père. Ne tarde donc pas à me répondre. Ne fut ce qu’un mot. D’autant plus que notre départ s’effectuera le 21 courant au plus tard.
C’est te dire que le lundi 22 je serai à l’heure habituelle au petit café ordinaire, à moins que tu n’en aies changé, ce que tu me diras dans ta prochaine.
Je suis revenu hier de Fampoux où je me suis posé trois cuites bien senties entremêlées de danses sévères mais innombrables comme les grains de sable de la mer et comme les chopes englouties par ton vieux complices.
De tout cela il n’est résulté qu’une petite fatigue dans les mollets et un abrutissement léger dont témoigne d’ailleurs la présente ineptie épistolaire.
En parlant d’ineptie, fais-tu des vers ? Moi tous les matins j’essaie sans pouvoir tirer de mon cerveau marécageux autre chose que le rien, rien, rien ! De M. Desmousseaux de Givré… (V. Vapereaux ceux qui en ont.)
(…) Il paraît que le second n° de la Lanterne est plus impertinent encore que le 1er… l’as-tu lu ? J’ai chargé ma mère qui va à Arras aujourd’hui de me le rapporter. Je lis d’ailleurs tous les jours le Figaro. L’affaire Wolff-Maquet est-elle assez jolie comme gens n’ayant pas envie de se battre du tout, du tout, du tout ! (…) Adieu ma vieille. A bientôt une réponse n’est-ce pas ? (…) Je te serre cordialement le dextre et la senestre.
P. Verlaine ».

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