Louis Philippe lettre autographe orleans

Louis Philippe Ier

(1773-1850)
Roi des Français

Brouillon autographe d’un discours, Paris, (Novembre 1832), à Messieurs les Pairs, sous enveloppe adressé au Duc de Broglie, ministre des Affaires étrangères, 4 pages in-4, ratures et corrections. Document réparé, déchirures aux plis. Enveloppe autographe et signé de son paraphe « LP ». Cachet aux armes.
 
Très intéressant document politique au moment de l’intervention de la France en Belgique qui se termina par la prise d’Anvers en décembre 1832.
 
« Messieurs les Pairs,
Je reçois avec vive satisfaction l’assurance que vous me donnés de cette coopération franche et entière qui peut seule assurer à mon Gouvernement la force dont il a besoin pour répondre au vœu national et consolider de plus en plus l’ordre politique établi par la révolution de Juillet.
Je regarde comme un des principaux moyens d’y parvenir que la Chambre des Pairs sois entourée de cette confiance publique dans laquelle elle ne saurait exercer les hautes fonctions qui lui sont attribuées par la Charte, avec cette indépendance et cette efficacité qui sont nécessaires à la conservation de nos libertés nationales et au maintien de l’équilibre des pouvoirs constitutionnels.

Aussi je me trouve heureux de vous exprimer combien tous les sentimens que vous venés de me manifester dans cette adresse, s’accordent avec les miens, et me paraissent répondre à ce que la France attendait de vous. J’étais sur d’être approuvé par mon pays en prenant des mesures promptes pour arrêter l’invasion de la Belgique, pour soutenir son indépendance et faire respecter la neutralité d’une nation amie que tant de biens attachent à la France et que tant de souvenirs lui rendront toujours chère.

Mes fils toujours empressés de se placer dans les rangs de notre bonne armée, s’estiment heureux de consacrer leurs premières armes à la défense d’une aussi belle cause, et c’est une bien douce jouissance pour mon cœur paternel, de voir combien leur zêle est apprécié pour leurs concitoyens. Mais j’ai la satisfaction de vous donner l’espérance que je crois bien fondée que la tranquillité de l’Europe troublée par cet incident inattendu, voir toutes les puissances sont d’accord avec nous, et vous pouvés compter que nous parviendrons bientôt à rétablir et à consolider cette paix que j’attacherai toujours tant de prix à maintenir quand l’honneur national ou d’injustes agressions ne m’imposeront pas le pénible devoir d’y renoncer ».
 
Le siège de la citadelle d’Anvers eut lieu du 15 novembre au 23 décembre 1832, faisant suite à la Campagne des Dix-Jours. Il opposa les troupes néerlandaises qui occupaient Anvers à l’Armée du Nord, corps expéditionnaire envoyé par la France durant la révolution belge.  


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