Drieu la Rochelle lettre autographe

Drieu La Rochelle (Pierre)

(1893-1945)
Ecrivain français

Lettre autographe signée « Drieu », Cannes, (1926), à Pierre Dominique, 3 pages in-8, en-tête et vignette du Gallia Palace à Cannes. 

 

« Je viens de passer un mois à Rome-! Cela me confirme dans mon idée sur le fascisme… »

 

« Mon cher Dominique,

 

Il faut que je vous voie à mon retour à Paris, la semaine prochaine. J’ai beaucoup à vous dire sur tout ce que vous avez écrit ces temps-ci - et sur ce qui me concerne, vos marques d’intérêt fraternel, l’ encouragement jamais découragé que vous m’adressez périodiquement !

 

Je viens de passer un mois à Rome-! Cela me confirme dans mon idée sur le fascisme - s’il se rattache int(ellectuellement) à un mouvement européen de réaction et de crit(ique) de la démocratie - est social(ement) et politique(ment) italien. 

 

Pour ce qui est du texte de la R. H. (Revue hebdomadaire, dans laquelle Drieu la Rochelle avait publie son « Manifeste de la Jeune Droite le 16 janvier 1926)  Je ne songe certes pas à fonder un parti. Le Grix a publié pendant mon absence une note que je lui avais remise sans bénéficier de corrections, comme échantillon des idées que je rassemble en ce moment dans « La Confession d’un Français ».

 

Mon entretien des N.L. (La revue Nouvelles Lettres françaises) a dû depuis vous renseigner. Bien que Le Louët (?) ne m’ait pas laissé le temps de le mettre au point, de l’alléger !

A la semaine prochaine 

Drieu ». 

 

En 1926, Pierre Drieu la Rochelle esquisse en 1926, dans La Revue Hebdomadaire, un programme pour une Jeune Droite qui se veut au-dessus des partis, républicaine et démocratique « car les hommes ne doivent pas compter sur un homme pour se tirer d'affaire, […] il faut que l'élite en France se sauve d'elle-même. » Elle se veut aussi anti-militariste, déiste et anticléricale, unie et ennemie de l’intolérance.

Au fil des ans, Drieu se rapprochera des mouvements fascistes et finira par déclarer : « Je suis fasciste parce que j’ai mesuré les progrès de la décadence en Europe. J’ai vu dans le fascisme le seul moyen de contenir et de réduire cette déca­dence ».

 

Pierre Dominique (1889-1973) était un écrivain, polémiste et journaliste français.

 

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