Gustave Courbet lettre autographe

Courbet (Gustave)

(1819-1877)
Peintre français

Lettre autographe signée, Versailles, mardi, à « M. le Colonel », 1 page in-8°. Lettre écrite pendant son procès, après la Commune et sa mise en accusation pour la destruction de la colonne Vendôme (16 mai 1871).
 
« M. le Directeur de la justice me fait avertir que je n’ai plus d’argent pour payer ma nourriture, je vous serais obligé de lui faire remettre 50 francs sur l’argent que vous avez à moi. Selon la loi aussitôt mon jugement terminé j’appartiens au ministre de l’Intérieur et à la justice civile du département de la Seine, qui est mon lieu de résidence. Sitôt que vous le pourrez, je vous serai très obligé encore de vouloir bien me faire transporter à Ste Pélagie où il paraît que je dois faire ma prison. Je suis très souffrant et je manque d’air, ensuite pour sauver le peu qui me reste de ma ruine complète occasionnée par les affaires politiques de la France, et ma privation de travail. J’ai l’honneur de vous présenter mes salutations sincères. Gustave Courbet ».
 
Parmi les communards jugés et condamnés par le tribunal de Versailles se trouve Gustave Courbet coupable d’avoir inspiré la destruction de la colonne Vendôme. Elu président de la Fédération des Artistes après la proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870, Courbet avait pris part à la Commune contre le gouvernement de Versailles.
Le peintre réclamait la destruction symbolique de ce qu’il appelait « ce grand navet », la colonne de la place Vendôme, commémorant les victoires de Napoléon Ier. Cette destruction fut accomplie le 16 mai 1871.
Après la chute de la Commune, Courbet fut arrêté, enfermé à la prison Sainte-Pélagie (à Paris) avant d’être libéré sur parole puis condamné à reconstruire à ses frais la colonne. Devant l’impossibilité de payer un tel chantier de reconstruction, il se réfugia en Suisse.

Nous joignons à cette lettre, une Carte permanente datée de 1867 et signée de Gustave Courbet lors de l'exposition de ses oeuvres au Rond-point du pont de l'Alma. Carte portant au verso des mentions manuscrites de la main de Courbet (probablement une liste d'invités). Nous joignons aussi le livre d'Eugène de Mirecourt, Les Contemporains, portraits et silhouettes du XIXe siècle, Champfleury, Courbet, troisième édition, Paris, Librairie des contemporains, 1870. 
 
Vendu