andré breton autographe

Breton (André)

(1896-1966)
Écrivain et poète français

Lettre autographe signée, Paris, 3 février 1929, à « Mademoiselle » (Éditions Kra),   1 page 1/4, en-tête de « La Révolution Surréaliste ».

 

Au sujet de sa préface pour le Second Manifeste du Surréalisme.

 

« Que je me sois assuré que ce que j’écris en 1929 n’est pas simplement pour affaiblir ou ruiner partiellement ce que j’écris en 1923… »

 

« Mademoiselle,

À mon très grand regret je ne puis vous remettre encore la préface que vous me réclamez. Je vous assure encore une fois qu’il n’y a aucune négligence de ma part : cette préface j’ai essayé de l’écrire et n’y ai renoncé qu’après avoir pris conscience du ton sur lequel elle pouvait être lue. Il serait sans doute regrettable, comprenez-vous, que ce ton soit trop distant de celui du Manifeste, trop pessimiste en particulier.

Je vous demande en grâce, encore une fois, d’attendre que jej puisse m’y retrouver et que je me sois assuré que ce que j’écris en 1929 n’est pas simplement pour affaiblir ou ruiner partiellement ce que j’écris en 1923.

je vous prie Mademoiselle, de me pardonner ce scrupule, je sais que j’abuse de votre patience et sans doute de celle de MM Kra mais de tels obstacles sont pour moi insurmontables et j’espère que vous pourrez m’accorder un nouveau délai.

(…)

André Breton ». 

 

Le Second Manifeste du Surréalisme est paru en 1930 aux éditions Kra. Ce second manifeste est resté célèbre pour une phrase écrite par Breton qui fit scandale et qui le suivit tout au long de son oeuvre : « L'acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu'on peut, dans la foule. » Cette citation choqua l'opinion

publique et lui attira de nombreuses critiques par son appel à la violence gratuite et la plus sauvage. De nombreux auteurs surréalistes le critiquèrent vivement, de manière très dure tel que Vitrac qui déclara que Breton était un « esthète de basse-cour, cet animal à sang froid n'a jamais apporté en toutes choses que la plus noire confusion. »

Ce second manifeste fut d'ailleurs un exemple des guerres intestines entre surréalistes. En effet, dans ce livre, Breton se permit de critiquer bon nombre d'anciens amis surréalistes qui s'étaient éloignés du mouvement. En retour, ce dernier reçoit des condamnations toutes plus virulentes les unes que les autres. En témoigne, le poème Un cadavre écrit par Robert Desnos, Georges Ribemont-Dessaignes, Georges Bataille, Jacques Prévert, Roger Vitrac, Antonin Artaud, Philippe Soupault, André Masson et Joseph Delteil, qui est un long réquisitoire de ces poètes contre Breton.


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