Georges Danton autographe

Danton (Georges)

(1759-1794)
Homme politique et révolutionnaire français

Document signé, décret de l’Assemblée nationale, Paris, 17 août 1792, 2 pages in-folio, Cachet à l’encre rouge. 

 

Important décret signé de Danton, une semaine après la journée du 10 août, organisant la défense de Paris et la formation d’un camp à ses portes. 


"Augmenter par les moyens de l’art et donner d’autant plus de confiance aux citoyens armés pour la défense de la Patrie..."
 

« Décret de l’Assemblée Nationale, du dix-sept août mil sept cens quatre vingt douze, l’an quatrième de la liberté.

 

L’Assemblée Nationale considérant qu’il est nécessaire pour préparer la défense de Paris de faire retrancher quelque point dont les avantages naturels peuvent être facilement augmenter par les moyens de l’art et donner d’autant plus de confiance aux citoyens armés pour la défense de la Patrie, et voulant prévenir tous les détails qui pourraient retarder ces opérations importantes. 

Après avoir entendu le rapport de son Comité militaire, décrète qu’il y a urgence.

L’Assemblée Nationale après avoir décrété l’urgence, décrète ce qui suit :

 

Art. 1er

La Commune de Paris est autorisée à faire exécuter sous la surveillance provisoire des membres de la Commission militaire et des personnes choisies par le Pouvoir Exécutif, tous les travaux qui ont été résolus dans les Conférences tenues au comité militaire entre les membres de différentes commissions et les officiers et gens de l’art qui y ont été appelés.

 

Art. 2

Les indemnités nécessaires occasionnés tant par le tracé que par l’exécution desd. ouvrages seront réglées par des commissaires nommés à dire d’expert par les parties et par les différentes communes dans le territoire desquelles se feront les opérations.

 

Art. 3.

Il sera mis à la disposition du Pouvoir Exécutif une somme de huit cens mille livres pour subvenir aux premières dépenses desd. travaux, à la charge d’en rendre compte.

 

Au nom de la Nation, le Conseil Exécutif provisoire mande et ordonne à tous les Corps administratifs et Tribunaux, que les présentes ils fassent consigner dans leurs registres, lire, publier et afficher dans leurs Départemens et ressorts respectifs et exécuter comme loi. En foi de quoi nous avons signé ces présentes auxquelles nous avons fait apposer le Sceau de l’Etat.

À Paris, le dix-septième jour du mois d’août mil sept cens quatre vingt douze, l’an quatrième de la liberté.

Signé Roland et contresigné Danton et scellées du sceau de l’Etat.

Certifié conforme à l’original.

 

Danton ».

 

Georges Danton avait été nommé ministre de la Justice le 10 août 1792, quelques heures après la prise du château des Tuileries. À la mi août, le pouvoir exécutif doit faire face à la menace intérieur qui se manifestent par de nombreux soulèvements contre-révolutionnaires (en Bretagne, Vendée et dans le Dauphiné) et doit dans l’urgence préparer le pays à sa défense extérieure. Les troupes austro-prusiennes continuent de stationner aux frontières et sont prêtes à envahir l’est de la France (le 23 août, Longwy capitulera). La peur gagne Paris. Les Parisiens gardent en mémoire les menaces de la presse royaliste juillet et au début d’août, les promesses de subversion militaire brandies par le duc de Brunswick. 

Le 17 août, tout en renforçant la défense de la capitale, l’Assemblée nationale décrète (sous la pression des sans culottes et de la Commune de Paris) la création d’un tribunal criminel. 



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