napoleon III bonaparte autographe

Napoléon III

Charles-Louis Napoléon dit (1808-1873)
Empereur des Français

Document signé « Napoléon » avec apostille autographe (5 lignes), (Paris) (1860/1861), 2 pages in-folio.
 
Très intéressant rapport au sujet du vicomte de Calonne, fondateur de la Revue Contemporaine et de la concurrence de celle-ci avec la Revue Européenne.
 
« Il est souverainement impolitique et injuste que l’Etat fasse, de ses deniers et pour satisfaire une animosité personnelle, concurrence à une œuvre utile à l’Etat, concurrence à un particulier qui dépense tout ce qu’il possède au service du gouvernement.
La Revue Européenne n’a été fondée que sous l’empire d’une pensée personnelle, pour satisfaire des intérêts et des passions jalouses. Aussi ses efforts ont-ils été vains : elle n’a ni lecteurs ni écrivains politiques ; elle ne vend aucun service et ne sert qu’à entretenir dans l’Université une coterie nuisible aux intérêts du gouvernement.
La Revue Contemporaine au contraire a des rédacteurs et une direction politiques, elle a le concours des écrivains les plus éminents de l’Etat, elle porte la pensée du gouvernement dans un monde où aucun autre de ses organes n’a accès, car elle compte parmi ses 1500 abonnés les plus vieux noms de France et de l’Etranger. Elle a gardé de son origine au moins trois cents personnages considérables du parti légitimiste. Sans la concurrence qui lui a été faite depuis le commencement de l’année, la Revue Contemporaine aurait prospéré sans qu’il en coutât un centime à l’Etat.
On a mieux aimé couper le succès à sa racine en accablant la Revue sous les circulaires ministérielles, en lui enlevant tous les abonnements des ministères et des bibliothèques, en publiant au Moniteur et ailleurs des articles où il était dit que la Revue Européenne continuait la Revue Contemporaine, et donnant ainsi à entendre que celle-ci avait cessé d’exister… »
En marge de ce rapport, Napoléon III écrit : « Mon cher Duc, je suis assaillis des réclamations de M. de Calonne. Tachez je vous prie d’arranger cette affaire (…) Napoléon ».
 
La Revue Contemporaine était une revue politique et littéraire, fondée en avril 1851, pour concurrencer la Revue des Deux Mondes. Dirigée par Alphonse de Calonne, qui la rallie à l’Empire, elle est concurrencée par la Revue Européenne (1859-1861) qu’elle rachète en 1861. 

600 €