henry de montherlant autographe

Montherlant (Henry de)

(1896-1972)
Ecrivain français

Correspondance de 3 lettres à l’écrivain Michel de Saint-Pierre, entre 1947 et 1966, soit une lettre autographe signée (2 pages in-4) et deux lettres dactylographiées signées dont une avec apostille de 6 lignes autographes (1 page in-8 et 2 pages in-4).

 

« Si vous relisez Port-Royal, vous y verrez un peu votre condition et celle des vôtres… »

 

Lettre autographe signée, 9 août 1947 : 

 

« (…) On n’est jamais trahi que par les siens, et je ne suis pas étonné à l’excès de voir une fois de plus, dans un journal bien-pensant, une attaque contre moi. Je vous remercie de m’avoir, une fois de plus, vengé, de votre plume de fer… »

 

Lettre dactylographiée signée, 15 janvier 1948 : 

 

« (…) La presse catholique est, et a toujours été infâme, non seulement vis-à-vis de ma chétive personne mais envers tous et dans les positions qu’elle prend successivement à l’égard de tous les problèmes. Il faut votre inaltérable naïveté pour ne pas s’en rendre mieux compte. S’il y avait à s’en consoler, je m’en consolerais avec les deux vers de Victor Hugo, vieux d’il y a une centaine d’années : « embusqué, plume au poing, dans un journal dévot, / Comme un bandit tuerait, cet écrivain diffame (extrait de « Melancholia » dans le livre III des Méditations). Je vous ai fait retenir deux places pour la première de Santiago… » 

 

Lettre dactylographiée signée avec apostille autographe, 23 novembre 1966 :

 

« (…) Aller du côté des persécutés, de Port-Royal. Il n’y a de supportable que l’Église souffrante : voyez ce que j’en ai dit dans Le Solstice de Juin. Si vous relisez Port-Royal, vous y verrez un peu votre condition et celle des vôtres. Le désir des jansénistes de rester du côté du pape cependant qu’ils sont rejetés par lui. Vous imprimez le mot « communisme » mais il y a beaucoup d’autres mots que vous n’osez pas imprimer (…) Votre état de catholique fait de vous un inconditionnel. Que de choses vous respectez qu’il faudrait traiter avec l’irrespect qu’elles méritent ! (…)

Si j’étais catholique, je souhaiterais passionnément mon salut et celui de quelques êtres que j’aime et j’enverrais au diable les autres, catholiques ou non. J’ose le dire, si j’étais catholique l’avenir du catholicisme me serait indifférent pourvu que ceux que j’aime et moi-même nous fussions sauvés. Je suppose que cela est bougre ment de l’hérésie et que j’ai bien fait de n’être pas catholique (…) Vous et vos enfants vous êtes destinés à vivre dans la souffrance, comme catholiques et comme Français. J’y suis de coeur avec vous mais de l’extérieur (…) « du côté de la souffrance » comme c’est le titre d’une note de Port-Royal… »



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