Gustave Flaubert lettre autographe signée

Flaubert (Gustave)

(1821-1880)
Ecrivain français

Lettre autographe signée, (Rouen), (12 septembre 1835), à Ernest Chevalier aux Andelys, 3 page in-4, adresse (mouillures et rousseurs).

 

Amusante et émouvante lettre du jeune Gustave Flaubert (alors âgé de 13 ans) à son ami du collège, avant la rentrée.

 

« Je citerai le vieux Lafontaine, notre ennemi c’est notre maître… »

 

« Cher Ernest,

D’où vient ce retard, en écrits, et en actions, d’où vient que je n’ai pas entendu parler de toi depuis quinze jours.

Serais-ce la crainte, de rentrer dans une ville, dont l’air est pour toi celui du choléra, la crainte de revoir Cârotte ; écoute un peu. Quoique j’approuve fort, ton louable désir, d’être avec moi, ce que je souhaite - tu penses bien, et celui d’avoir, un uniforme je te dirai que tu pourrais tomber, de Charybde en Scylla, et je citerai le vieux Lafontaine, notre ennemi c’est notre maître. Pourtant l’excès de prudence que je déploie, pourrait être exagéré, et pour te faire encore une citation puisque je suis un être citatif confions-nous à la Providence ; comme dit le curé de village et l’aumônier de village. j’ai vu, avec peine et dépit, toute la chambre des pairs, haras de pourceaux, ravaler leur dignité jusqu’à l’état de dégradation, de porter la loi qui défend de faire l’aumone. Je trouve la diplomatie bien bassement servie, elle s’abaisse de jour en jour, tandis que les arts planent sur la société en monarques. Caroline ici présente pendant que j’écris cette lettre, me charge de te dire qu’elle voudrait bien que tu viennes passe huitaine céans. 

Gve Flaubert ». 

 

Adolescent aux exaltations romantiques, Gustave Flaubert est déjà attiré par l'écriture au cours d'une scolarité vécue sans enthousiasme comme interne au Collège royal, puis au lycée de Rouen, à partir de l'année 1832.

Il y rencontre Ernest Chevalier avec qui il fonde en 1834 Art et Progrès, un journal manuscrit où il fait paraître son premier texte public. Il est renvoyé en décembre 1839 pour indiscipline et passe seul le baccalauréat en 1840. Après avoir réussi l'examen, ses parents lui financent un voyage dans les Pyrénées et en Corse, que Flaubert relatera dans l'ouvrage de jeunesse publié de manière posthume sous le nom de Voyage dans les Pyrénées et en Corse ou dans certaines éditions des Mémoires d'un fou.


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