lafayette autographe

La Fayette (Général)

(1757-1834)
Général et homme politique français

Document signé, Paris, 24 août 1830, 3 pages in-folio, en-tête manuscrit « Garde Nationale du Royaume », cachet de cire rouge Cabinet du Roi. Cocarde tricolore jointe (cocarde qui était attachée au document). 

 

Important document historique, à la suite de la révolution de juillet 1830, dans lequel il est question du transferts à Paris des ministres de Charles X pour leurs procès, et de se défendre de toutes attaques des populations contre les dits ministres.

 

« Cette dernière révolution s’est montrée supérieure à toutes les autres par l’heureuse alliance de la justice et de la générosité véritable caractère des patriotes et des braves… »

 

« Il est ordonné à M. Alphonse Foy, capitaine attaché à l’état major Général de la Garde nationale de se rendre à Tours de concert avec l’officier d’état major du ministère de la guerre pour veiller à la translation des ci-devant ministres à Paris où ils doivent être jugés conformément à la loi.

Toutes les mesures judiciaires ayant été prises relativement à cette translation, accusation et jugement légal, le Général en chef connait trop bien le patriotisme des populations françaises sur la route que les accusés doivent prendre pour se permettre de calomnier ses concitoyens en les supposant capables de souiller notre belle révolution par aucun excès et par la violation des lois.

Cette dernière révolution s’est montrée supérieure à toutes les autres par l’heureuse alliance de la justice et de la générosité véritable caractère des patriotes et des braves, avec l’admirable dévouement et le courage héroïque dont tant et de si grandes preuves viennent d’être données à la face du monde entier.

Si le général Lafayette pouvait craindre que par une exaspération peu conforme au noble caractère français ou par un égarement excité peut-être par les ennemis de notre liberté et les jaloux de notre gloire, aucune portion de ses concitoyens fût tentée de se porter à des violences coupables, ou même à des insultes indignes d’eux envers des accusés qui, dès à présent, appartiennent à la loi, et auxquels la loi doit protection jusqu’à leur libre et légal jugement, il en appellerait à la confiance personnelle dont le peuple l’honore.

Il dirait aux populations qui méconnaitraient ainsi leur propre dignité, et le respect que nous devons tous à la loi  : « La défense de la Liberté et de l’ordre légal m’est confiée, d’abord par la voix du peuple et aussi par les hautes fonctions dont le Roi national m’a chargé. J’ai répondu de vous : J’ai répondu de mon honneur de la sûreté des prisonniers ; mon honneur est dans vos mains. Vous ne méconnaîtrez pas la voix du vieux serviteur de la cause des peuples ».

(…)

Paris, le vingt quatre août mil huit cent trente.

Lafayette ».

 

En août 1830, quatre ministres du dernier ministère du règne de Charles X, sont arrêtés alors qu'ils tentaient de fuir à l'étranger. Il s'agit du président du conseil, le prince de Polignac, du garde des sceaux, Jean de Chantelauze, du ministre de l'Intérieur, le comte de Peyronnet, et du ministre de l'Instruction publique, le comte de Guernon-Ranville. Dans la nuit du 26 au 27 août, ils sont internés au fort de Vincennes.

 

Le procès de quatre anciens ministres de Charles X, accusés d'avoir participé au coup de force constitutionnel du 25 juillet 1830 qui a déclenché la révolution de Juillet, se tient devant la Chambre des pairs du 15 au 21 décembre 1830. Il constitue la première grande épreuve politique que doit affronter la monarchie de Juillet, qui en sort victorieuse et affermie.

 

Après l’abdication de Charles X, Louis-Philippe d’Orléans devient roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier. La monarchie de Juillet avait été officiellement proclamée le 9 août. le 16 août, La Fayette est nommé provisoirement commandant général des Gardes nationales du royaume tandis que le même jour, Charles X et sa famille embarquent à Cherbourg pour l’Angleterre.


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