Mirabeau autographe manuscrit

Mirabeau (Honoré-Gabriel Riquetti)

(1749-1791)
Homme politique et révolutionnaire français

Manuscrit (fragments) avec corrections et ajouts autographes, (Paris), (février-début mars 1790) d’un discours de Mirabeau sur l’abolition de la traite des noirs, 4 pages in-4. Document exceptionnel. 

 

Fragments de son célèbre discours tenu devant le Club des Jacobins le 6 mars 1790.

 

« Ménageant les noirs, comme on doit ménager tous les hommes… »

 

« Cette prétention a pour conséquence de ne faire la protection de la partialité du brigandage, de l’anarchie la plus complette dans l’administration qui en un mot, tend à maintenir le cahos du despotisme.

 

Quel doit être pour les colons, le résultat des procédés violents que je vous ai dénommé ? Vous le savez, il est aisé à comprendre. Puisque d’un côté, le prix des nègres dont on sacrifie et le vie et la postérité au régime que la traite seule peut alimenter, tend sans cesse à augmenter et que de l’autre le prix des denrées a un terme nécessaire que ne peux pas outrepasser la consommation, il s’ensuit nécessairement que les plantations dont les esclaves se renouvellent par la traite rembourseront toujours moins avantageusement les frais de culture ; et en effet, si je suis bien informé, les terres nouvellement défrichées sont les seules qui, à raison de leur extrême fécondité, supportent (encore facilement) l’augmentation du prix des esclaves.

 

Au contraire, cette funeste contrariété toujours croissante entre les frais de la culture et la valeur relative de ses produits n’existeront plus, si ménageant les noirs, comme on doit ménager tous les hommes, on assure le renouvellement par la jouissance de leurs propres facultés ; leur fécondité (…) entretiendrait un rapport constamment supportable entre la valeur des produits et les frais de la culture ; la population des agents de cette culture étant établie sur le sol même ; on ne y verrait plus de déguerpir les héritages lorsque certains produits comparés aux frais perdent trop de leur valeur et les plantations ne dénuderaient plus si rapidement la vigilance du propriétaire cultivateur soutenue par des bras qui ne pourraient plus leur manquer change ou modifie la nature de ses travaux. en un mot, le colon se conforme aux vicissitudes des choses… ».

 

Ce document est un brouillon préparatoire de son célèbre discours (que l’on nomme Les Bières flottantes des négriers) qui, de source sûre, a été prononcé devant le Club des Jacobins le 6 mars 1790 mais que Mirabeau n’a pas repris devant l’Assemblée constituante. Dans ce discours, Mirabeau y dénonce l’inhumanité de la traite des noirs et la nécessité d’une abolition rapide. Les propositions comme les analyses puisent dans les avancées du courant abolitionniste de la fin des années 1780. Aux arguments abolitionnistes classiques, Mirabeau ajoute une vision économique, marquée en ce sens par la pensée des Physiocrates et par Adam Smith. 



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