santerre autographe

Santerre (Antoine-Joseph)

(1752-1809)
Révolutionnaire français

Lettre signée « Santerre », Paris, 20 janvier 1793, au Citoyen administrateur du département de Paris, 1 page in-folio, en-tête de l’État-Major de la Garde Nationale Parisienne, vignette de la Commune de Paris (« Liberté 14 Jet 1789, Égalité 10 aoust 1792 »).
 
Document important quelques heures après l’assassinat de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau et à la veille de l’exécution du roi Louis XVI. Santerre prend des mesures pour contenir tout débordement à la suite de l’assassinat du conventionnel.
 
« Citoyen Administrateur, J’avais déjà, d’après la demande du Citoyen Lepelletier, donné des ordres de déplacer la cavalerie et les chevaux  qui étoient postés dans la maison du Citoyen Pelletier  St. Fargeaux ; mais de crainte qu’on ne les ait pas executée avec toute l’exactitude que nous désirons, j’y envoye à l’instant un de mes aides de camps, pour s’en assurer et m’en rendre compte.
Le Commandant Général provisoire marechal de camp de la 17e division.
Santerre ».
 
Lepeletier de Saint-Fargeau vota la mort de Louis XVI le 20 janvier 1793. Le soir même de son vote, il se rend chez Février, restaurateur au Palais-Royal. Un ancien garde du roi Louis XVI, Philippe Nicolas Marie de Pâris, qui cache un sabre sous sa houppelande, se présente devant lui et lui dit, selon les témoignages : « C'est toi, scélérat de Lepeletier, qui as voté la mort du roi ? », ce à quoi il aurait répondu : « J'ai voté selon ma conscience ; et que t'importe ? » Pâris lui enfonce alors son épée dans le côté en lançant : « Tiens, voilà pour ta récompense », avant de s'enfuir. Blessé à mort, Lepeletier n'aurait pu dire que : « J'ai froid ! » Transporté au domicile de son frère, place Vendôme, il y expire le 20 janvier 1793 vers onze heures du soir, soit quelques heures avant l'exécution de Louis XVI.
La récupération politique de sa mort va servir de répétition générale à ce que la mort de Marat mettra en branle quelques mois plus tard : le culte des « héros révolutionnaires tombés pour l’exemple ».
Considéré comme le « premier martyr de la Révolution », son corps fut exposé dans une mise en scène grandiose place Vendôme, avant qu'on procède à ses obsèques, le 24 janvier 1793. Il fut inhumé au Panthéon de Paris.
 
Vendu