marechal jourdan autographe

Jourdan (Jean-Baptiste)

(1762-1833)
Maréchal d’Empire

Lettre autographe signée, Paris, 8 thermidor an 7 (25 juillet 1799), au général Lefebvre, 2 pages in-4, adresse.
 
« Les affaires vont mal ici, la réaction est commencée, et bientôt les patriotes seront persécutés… »
 
« Puisque vous êtes en correspondance, mon cher général avec le Cen Baker chargé de l’échange des prisonniers de guerre, je vous serais bien obligé de le prier de s’informer du général de division Dumas qui doit avoir été fait prisonnier dans le Golfe de Trarante (Tarente) en revenant d’Egypte, du général de brigade Dalesme et du gl de brigade Olivier, et de l’adj.t Gl Coulange, qui ont été fait prisonniers en Italie.
Si vous receviez des renseignements sur le compte de ces quatre généraux, vous m’obligeriez de me les transmettre, vous m’obligeriez également d’inviter le Cen Baker à presser leur échange si cela dépend de lui.
Les affaires vont mal ici, la réaction est commencée, et bientôt les patriotes seront persécutés. C’est la faute du corps législatif qui a reçu l’impulsion qui lui a été donnée par la faction des voleurs, qui pour éloigner l’attention de dessus elle, fait la fixer sur la prétendu faction anarchique, c’est à dire sur les patriotes.
Je vous embrasse mon cher Général, et suis votre camarade et ami.
Jourdan.
Présentés je vous prie mes homages à Madame votre épouse ».
 
Jourdan, vaincu en mars 1799 à Stockach, quitta l’armée pour raison de santé. Il se fait réélire député de la Haute-Vienne au Conseil des Cinq-Cents en avril. Il est nommé en avril inspecteur général d’infanterie à l’armée d’Italie. Le 14 juillet, pour l’anniversaire de la prise de la Bastille, Jourdan, jacobin convaincu,  porte un toast à « la résurrection des piques ». La situation politique en cet été 1799 est complexe ; Les Jacobins réussissent à reprendre le dessus sur les factions modérées et royalistes. Mais les pouvoirs législatifs et exécutifs peinent à s’entendre. Sieyès et les révisionnistes constitutionnels s’entendent pour renforcer le pouvoir exécutif et commencent à préparer ce qui deviendra le coup d’état du 18 brumaire.
 
Dans cette lettre, Jourdan mentionne le général Jean-Baptiste Dalesme (1763-1832) qui fut prisonnier de guerre en Italie le 25 avril 1799 ; du général Alexandre Dumas (1762-1806), père du romancier, qui avait été fait prisonnier le 7 mars 1799 puis mis en liberté qu’en mars 1801 ; et de Jean-Baptiste Olivier (1765-1813) qui avait été fait prisonnier le 20 juin 1799 à Plaisance.
 
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