Armand Barbès autographe

Barbès (Armand)

(1809-1870)
Homme politique et révolutionnaire français

Lettre autographe signée, La Haye, 4 décembre 1869, à Jules Claretie, 5 pages ½ in-8. Enveloppe manuscrite jointe. Magnifique lettre de Barbès dans laquelle il félicite Claretie pour sa dernière œuvre et où il s’emporte à l’encontre de Charles X et Louis XVIII.
 
« Même les égarés et les ignorants, aimaient la France à leur manière.
Les seuls pour lesquels l’Histoire doit être en effet sans pitié, sont les gens de Coblentz et de l’émigration ».
 
« Je viens vous demander encore un service : d’envoyer un exemplaire de ma biographie à ma sœur (…) Je viens de lire votre Raymond Lyndey (drame en 5 actes, en 6 tableaux, crée aux Menus-Plaisirs le 1er novembre 1869), et je reste vraiment étonné qu’il n’ait pas obtenu un très grand, un magnifique succès (…) Je l’ai lu, cette nuit, malgré ma très forte oppression, me disant à chaque acte « je n’irai pas plus loin » et continuant ensuite en dépit des mouvements de vrille de mon cœur.
Vous avez, à mon avis, fait parler tous vos personnages comme ils le devaient, leur donnant à tous de nobles sentiments, parce que tous, même les égarés et les ignorants, aimaient la France à leur manière.
Les seuls pour lesquels l’Histoire doit être en effet sans pitié, sont les gens de Coblentz et de l’émigration.
Sans courage, la plupart, comme leur chef, le comte d’Artois et le futur Louis 18, ils s’éloignaient du danger pour aller solliciter l’Europe de venir égorger la patrie.
Pas de pitié historique pour ces misérables, pas plus que pour le Robert d’Artois de Crécy, le traître connétable de Pavie, et les Dumouriez et les Bourmont de notre temps ! (…) Je ne vous parlerai pas de l’élection où mon nom figure encore. Je m’attends à un résultat analogue à celui d’il y a quinze jours. Il aurait peut-être mieux valu qu’on s’abstint pour l’instant en déclarant qu’on ne démordait pas du principe, et qu’on se réservait pour une autre occasion. C’est le conseil que je donnais. Mais nos amis ont pensé différemment. Mon nom leur appartenait déjà. Je le leur ai redonné, sans hésitation, et en sentant que c’était un devoir (…) A. Barbès »
 
Condamné à la prison à perpétuité en 1849 (après avoir mené une émeute à Paris le 15 mai 1848), Barbès est libéré en 1854 sur décision de Napoléon III. Il s’exile à La Haye et ne rentrera jamais en France. Il y meurt en juin 1870. Dans cette lettre, Armand Barbès évoque sa candidature au Corps législatif dans les élections partielles. Les républicains avaient posé sa candidature dans la 3e circonscription de Paris.
 
 
 
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