theophile gautier autographe

Gautier (Théophile)

(1811-1872)
Écrivain français

Poème autographe signé, trois quatrains en octosyllabes sur une page in-folio oblong.

 

Un des poèmes délicats de la suite España. Sans titre mais avec la mention annexe « au bord de la mer à Malaga », la présente pièce de vers serait publiée sous le titre « Au bord de la mer » avec la mention annexe « Malaga », d’abord dans la Revue des deux mondes du 15 septembre 1841, au sein d’une suite intitulée « Espagne », puis en 1845 dans le recueil des Poésies complètes, au sein de la même suite renommée « España ».  

 

Il s’agit d’une version recelant deux variantes avec le texte définitif imprimé que présentent la revue et le recueil, où serait par ailleurs ajoutée la ponctuation :

 

« La lune de ses mains distraites

a laissé choir du haut de l’air

son grand éventail à paillettes

sur le tapis bleu de la mer

(« sur le bleu tapis de la mer » dans la version définitive)

 

pour ravoir elle se penche

attend son beau bras argenté

mais l’éventail fuit sa main blanche

par le flot qui passe emporté

 

au gouffre amer pour te le rendre

lune, j’irai bien me jeter

du ciel si tu pouvais descendre

(« Si tu pouvais du ciel descendre » dans la version définitive)

au ciel si je pouvais monter ! »

 

Rêverie romantique inspirée par son voyage en Espagne. Théophile Gautier, hispanophile sincère dans une époque où l’Espagne était à la mode, effectua un large parcours dans ce pays de mai à octobre 1840. Il en fit le récit dans une série de lettres publiées de mai à septembre dans La Presse sous le titre « Sur les chemins », qui seraient réunies en recueil intitulé successivement Tra los montes (dans la première édition, 1843) et Voyage en Espagne (dans la seconde, 1845). Il y consacre plusieurs pages à Malaga, où il séjourna du 14 au 18 août 1840, et y évoque la « lutte d’azur » du ciel et de la mer dont « le tapis bleu de la mer » est ici un écho.


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