Napoléon III autographe

Napoléon III

(1808-1873)
Empereur des Français

NAPOLÉON III Charles-Louis Napoléon dit (1808-1873). Empereur des Français.

 

Lettre autographe, 5 février (1871), (château de Wihelmshöhe) 2 pages in-8 (petite fente en marge et légère réparation au scotch au verso). Très intéressant texte historique de Napoléon III, quelques jours après la signature de l’armistice franco-allemand, espérant encore pouvoir revenir à Paris.

 

« Si la paix se fait je m’installerai de nouveau à Paris… »

 

« 5 février,

Ma lettre s’est retardé (…) j’en profite pour y ajouter un mot.

Les délibérations sur la paix commenceront au 15 de ce mois. Si la paix se fait je m’installerai de nouveau à Paris. Si la guerre continuait, ce que je ne crois pas probable, je resterai ici. 

Il m’est arrivé dernièrement un n° de ? de Londres renfermant les mesures engagées (28 janvier 1871) (il s’agit de l’armistice franco-allemand), un article fort intéressant.

J’ai réuni les matériaux d’un petit article reprenant la question monétaire depuis quelques temps. Je n’ai pas eu encore l’occasion de le faire imprimer.

je ne doute pas que vous n’ayez quelques nouvelles à me donner du soulèvement américain lorsque vous m’écrirez.

 

La France pays de progrès va t-elle être paralysée par une paix douloureuse ? Je ne le pense point. Mais il interviendra cependant que cette paix est signée quelques transformations de notre génie national (…) Si vous avez à m’écrire vous saurez mon adresse d’après l’affirmation ci-dessus. On va dans peu de jours procéder à des actions qui décideront notre force politique. Je ne sais si ce sera à titre définitif ou à titre provisoire, tant les complications sont grandes dans notre organisation et dans l’esprit de nos populations et même de nos hommes publics ». 

 

Battu avec l’armée française à la bataille de Sedan (2 septembre 1870), Napoléon III est fait prisonnier par le Roi Guillaume de Prusse. Le 3 septembre, Napoléon III quitte définitivement la France et est interné au château de Wilhelmshöhe.

Après la signature de l’armistice, Napoléon III compte sur la réunion des conseils généraux, élus en août 1870, et qui pourraient voter, selon ses espérances et ses renseignements, pour la restauration de l'Empire. Cependant, Gambetta met fin à ses illusions en décrétant la dissolution de ces conseils. Il compte alors sur une éventuelle consultation directe du peuple sur la nature du prochain régime par les autorités françaises pour rétablir la situation tandis que le nouveau système de scrutin par liste lamine les bonapartistes, obligés non seulement de faire liste commune avec les monarchistes mais de le faire en rang modeste, ce qui ne permet le retour que de 20 de leurs élus sur 675 à la Chambre.

Le 1er mars 1871, l'Assemblée, qui s'est réunie à Bordeaux, vote la déchéance officielle de Napoléon III et de sa dynastie, le déclarant « responsable de la ruine, de l'invasion et du démembrement de la France ».


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