revolution francaise autographe

Journée du 10 août 1792

Roederer Pierre-louis (1754-1835)
Homme politique, député aux Etats Généraux et avocat français.

Lettre autographe signée, (12 août 1792), au procureur syndic de Saint-Denis, 1 page in-8.

 

Roederer s’inquiète du sort de deux gardes-suisses alors emprisonnés à la suite de la journée du 10 août.

 

« La plus grande prudence serait monsieur, de garder en prison les deux suisses dont vous m’avez parlé cette nuit.

D’abord on les expose en les relaxant. 

Ensuite il est possible que quoi qu’absents depuis un mois de leurs corps, cependant ils puissent donner des renseignements sur leurs camarades dont on instruit le procès.

S’ils ne sont pas relaxés, gardez les encore, je pense réflexion faite que ce sera le mieux.

Le Procureur général Syndic.

Roederer ».  

 

 

Le plus célèbre épisode de l'histoire de la Garde suisse était leur défense du palais des Tuileries dans le centre de Paris au cours de la journée du 10 août 1792. Ce jour-là, outre quelques aristocrates et quelques domestiques du palais mal armés et un certain nombre de membres de la Garde nationale, dont le bataillon des Filles-Saint-Thomas et des officiers ayant récemment démissionné, le palais est protégé par 950 Gardes suisses. Seule une compagnie de ces gardes de 300 hommes est restée dans sa caserne pour escorter un convoi de grains en Normandie peu de jours auparavant. Ils défendent un palais des Tuileries vide puisque le roi en est parti avant le déclenchement de la bataille pour se réfugier auprès de l'Assemblée législative.

 

Les Gardes suisses survivants sont conduits à la guillotine.

Le corps principal des Gardes suisses bat en retraite à travers le palais des Tuileries et se retire à travers les jardins à l'arrière de l'édifice. À ce moment-là, ils sont dépassés en nombre, près de la fontaine centrale, morcelés en petits groupes et taillés en pièces. Les Gardes suisses restés dans le palais sont pourchassés et tués, de même qu'un certain nombre de domestiques et courtisans ne pouvant se mêler à la foule. Des 950 Gardes suisses présents aux Tuileries, environ 600 sont tués au combat, ou en tentant de se rendre aux attaquants, après avoir reçu l’ordre de Louis XVI de cesser le feu et de déposer les armes12. Environ 60 sont faits prisonniers à l'hôtel de ville et sont massacrés là-bas. D'autres meurent en prison des suites de leurs blessures ou sont tués durant les massacres de Septembre13 qui s'ensuivent.

 

Élu procureur général syndic de la Seine le 10 novembre 1791, Pierre-Louis Roederer décida Louis XVI et sa famille à quitter les Tuileries le 10 août 1792 pour l’Assemblée nationale : « Sire, Votre Majesté n’a pas cinq minutes à perdre ; il n’y a de sûreté pour elle que dans l’Assemblée nationale » ; « Marchons », répondit le roi.

 

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