Le corbusier autographe

Le Corbusier

Charles-Edouard Jeanneret-Gris dit (1887-1965)
Architecte, urbaniste, peintre et sculpteur français

Lettre autographe signée, Alger, (entre 1931 et 1942), à Claude Rey (Secrétaire de la Direction de la Compagnie Générale Transatlantique), 4 pages in-8, en-tête de l’Hôtel Saint-George. Très belle lettre du Corbusier.
 
« La vie m’a dressé par de pertinentes réalités (…) le démon créateur ne me souffle brûlant à l’oreille. J’ai envie de mettre au monde une idée… une idée de plus dans le Stock ! Soit ! »
 
« Bien cher Monsieur Rey,
Je ne veux pas quitter Alger sans adresser à notre Président ma pensée de sincère gratitude et d’admiration. Vous êtes le détecteur par lequel un phénomène de galvanisation peut intervenir. Par lequel un éveil du courage, de l’entreprise, de l’action, de l’optimisme peut apporter une réalité pleine de grandeur.
Je suis peu confidentiel de nature. Je rumine. Je suis peu vendeur de peaux d’ours, car la vie m’a dressé par de pertinentes réalités. Toutefois je puis bien vous dire que mon intention n’est pas de faire la double barre des comptables  sans mes deux conférences d’Alger.
J’ai été assailli par trop d’idées et commotionné par trop de sensation pour que le démon créateur ne me souffle brûlant à l’oreille. J’ai envie de mettre au monde une idée… une idée de plus dans le Stock ! soit !
Alors je vous dis merci d’avoir été le provocateur de ma venue à Alger. C’est un coin de soleil dans ma vie, merci du fond du cœur. Je n’en dis pas plus.
Auprès de madame Rey, veuillez être mon interprète pour lui dore le souvenir charmant que j’emporte de son aimable hospitalité et pour lui présenter mes hommages.
Au revoir cher Monsieur.
Le Corbusier »

Le Corbusier a effectué une dizaine de voyages en Algérie entre 1931 et 1942. Il restera profondément marqué par ces séjours. En 1931, dans une lettre à sa mère il écrit « J’ai connu trop de misères et de luttes pour pouvoir contempler sans gêne ces jardins d’Alger. Un telle harmonie radieuse et une telle réussite ont un côté goujat qui blesse une sensibilité aiguisée et avide de la vie réelle ; elles vous plongent dans une convention du bonheur et sont un poncif du beau (…) Un charme, une lumière, un attrait sans fond des races musulmanes. Ici (…) mon cœur s’attache, s’éprend (…) Déjà je me sens africain. Corbu l’Africain ».

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