Guerre de 1939-1945

Guerre de 1939-1945

Carnet manuscrit du capitaine G. Corne
3 juin-29 novembre 1941 (pour 1940), carnet petit-in 8 de 44 pages, couverture en carton rouge et dos toilé

Très intéressant journal d’un capitaine prisonnier de guerre, écrit très lisiblement à la plume, mis au net sans doute après son retour de captivité suivant des notes tenues au jour le jour.
 
Fait prisonnier dans les Ardennes le 13 juin 1940, l’auteur passe sa première nuit à Vouziers : « Vague soupe à la viande, couché dans la sacristie (avec une douzaine d’officiers) sur les effets des enfants de chœur. Nous y buvons notre dernier vin français. Fameux ! ».
Sa batterie fut prise après une « mitraillade générale, le village ayant été encerclé ». A pied, ils se rendent à Signy-l’Abbaye, Aubigny, Givet, Beauraing, puis « par fer » à Trèves, Mayence, Coblence, Berlin, pour arriver le 24 juin à Zippen, « bled dénudé qui regorge des prisonniers. Nous logeons à 48 dans un local en bois de 10 m x 7 m couchettes superposées par 3 de la paille usagée mais pas de paillasses, sans clous pour accrocher nos affaires ».
 
25 juin : « On dit l’armistice signée ». Suivent des entrées notant les messes dominicales, l’ordinaire (« je sais maintenant ce que c’est que de mendier un morceau »), l’absence de courrier et de lectures (« j’assiste à la causerie faite sur les abeilles par un aumônier militaire » ; « le bridge devient mon principal passe-temps »), la récupération de tous objets, les poux et les « on-dit » et les « bobards » (« on dit que rien n’est rationné en France » ; « Vernon aurait été complètement incendié » etc.).
Le 4 octobre plus de mille prisonniers de plus de 40 ans s’embarquent dans des wagons de 3e classe pour Schubin (Pologne) : « les Allemands sont nettement aimables, faisant pour nous plus qu’ils ne doivent ».
30 octobre : « On annonce officiellement signature préliminaire de paix. Que devons-nous espérer personnellement ? Rien sans doute. Il faudra pourtant bien que notre libération vienne un jour ».
11 novembre : « On dit Pétain et Laval à Berlin pour la signature de certains accords. Est-ce notre libération ? ».
 
Nous joignons : Un plan légendé du camp. 2 photographies originales envoyées par G. Corne de l’Oflag II B, Arnswalde (Allemagne) à sa femme à La Roche-sur-Yon, visées par la censure. Une note dactylographiée sur les conditions de vie au camp de Schubin.
 
 

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