Louis Philippe lettre autographe orleans

Louis Philippe Ier

(1773-1850)
Roi des Français

Lettre autographe signée « Louis-Philippe d’Orléans », Palerme, 24 novembre 1810, à la reine Caroline d’Autriche (épouse de Ferdinand Ier de Parme et soeur de Marie-Antoinette), 4 pages in-4. Longue lettre au sujet d’une réponse que sa correspondante a rédigé à sa mère, Marie-Adélaïde de Bourbon. Après son mariage, les relations entre Louis-Philippe et sa mère furent particulièrement difficiles.

 

« Tous les efforts que vous faites pour rendre ma pauvre mère à elle même… »

 

« Madame,

Je serais bien mal avisé de profiter de l’extrême bonté avec laquelle Votre Majesté daigne me consulter sur la réponse qu’elle fait à la lettre de ma Mère pour lui conseiller des changemens. Il m’est impossible d’en désirer, & tous les changemens ne pourraient que gâter la lettre, & en atténuer l’effet, puisque tous les sentimens que vous avés daigné vouloir y manifester à ma Mère, y sont exprimés avec autant de force que de dignité, & avec ces formes & cette tournure qui vous est particulière, & que je serais bien fâché que vous altériés en rien, parce que cela ne permet pas de douter que la lettre est bien entièrement votre ouvrage, & par conséquent cela y ajoute un grand poids.

 

Je vous exprime donc bien sincèrement ma profonde reconnaissance pour tous les efforts que vous faites pour rendre ma pauvre mère à elle même, & recouvrer cette tendresse dont elle se glorifiait pour ses enfans. Qu’elle examine de bonne foi ses prétendus griefs contre ses enfans, & elle verra qu’ils réduisent au reproche imaginaire de n’avoir pas eu d’égards pour celui envers lequel ils ont fait beaucoup plus que ma mère n’aurait jamais dû désirer qu’ils fissent pour sa propre considération, & au reproche non moins imaginaire d’avoir accueilli & bien traité ceux & celles que l’incompatibilité d’humeur du susdit personnage a chassé de chés elle, en la réduisant au tête à tête dont nous sommes les victimes ainsi qu’elle même, car ne doutés pas, Madame qu’elle ne souffre beaucoup & dans tous les sens.

 

je vous remercie ainsi, Madame, de vos bontés pour Mme de Montjoye, & j’ose le faire en son nom (…) car la pauvre femme ne se doute pas plus de la méchanceté qu’on lui a faite, que de la bonté & de la fermeté avec laquelle vous lavés repoussée. 

Pardonnés mes râtures à la presse où je suis & daignés agréer mes hommages,

Madame,

de Votre Majesté

le très humble et très dévoué fils & serviteur

Louis-Philippe d’Orléans ».   

 

Louis-Philippe vit un temps en exil à Palerme après avoir mis un terme à un projet de mariage avec Élisabeth de Ganovre, fille du roi Georges III. Réfugié en Sicile, il épouse Amélie de Bourbon (1782-1866) princesse des Deux-Siciles et fille du roi Ferdinand Ier. 


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