napoleon sainte helene autographe

(Napoléon Ier) / Général Malet

Coup d'État de 1812
Conspiration du général Malet

Clarke Henri-Jacques-Guillaume (1765-1818). Général français de la Révolution et de l’Empire, ministre de la Guerre de Napoléon Ier, duc de Feltre.

 

Lettre signée « Duc de Feltre », Paris, 23 octobre 1812, au général Caffarelli, 1 page in-folio, en-tête du Ministère de la Guerre.

 

Document historique. Le ministre de la Guerre annonce au général Caffarelli la tentative de coup d’Etat du général Malet. 

 

« Général,

J’ai l’honneur de vous informer que les ex-généraux Mallet, Laborie et Guidal, ont tenté aujourd’hui matin, de troubler l’ordre public, à l’aide de la fausse nouvelle que l’Empereur avait perdu la vie.

Mallet étant parvenu à s’échapper d’une maison de santé, au faubourg St Antoine, où il était détenues revêtit de l’uniforme d’Officier général, et à l’aide de ce travestissement et de faux ordres qu’il avait fabriqués, il se fit suivre par quelques hommes de la Garde Nationale, se rendit à la prison de la Force, d’où il fit sortir les Gaux Laborie et Guidal qui étaient détenus.

 

Ils se sont en suite rendus chez le ministre de la Police générale, et chez le Général Comte Hulin où ils ont commis des violences. Arrêtés sur le champ, ils vont être livrés à la rigueur des lois et leurs excès se sont bornés à ceux qu’ils ont commis chez ces deux fonctionnaires publics.

 

Paris est tranquille. Les habitants et la Garnison n’ont pris aucune part à ces désordres qu’ils ont même ignoré. Le but de la présente est de vous faire connaître les faits, afin que vous puissiez démentir toute espèce de faux bruits… ».

Le général Malet n’en était pas à sa première tentative conspirationniste. Il avait déjà en 1808 et en 1809, tenté de déstabiliser le régime impérial. Emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie puis placé en résidence dans une maison médicale en 1810.

 

Malgré sa détention, Malet conçoit un nouveau plan de coup d’État. Il prépare les décrets à faire prendre au Sénat. En vertu de ces décrets, le gouvernement impérial est aboli ; un gouvernement provisoire le remplace. Dans la nuit du 22 au 23 octobre, échappant aux faibles consignes sous lesquelles il est détenu, Malet s'assure de l'obéissance d'une cohorte de la garde nationale et fait libérer des généraux soutenant son projet. Ceux-ci s'emparent du ministère de la Police et de son ministre Savary, et s'assurent du contrôle de l'hôtel de ville de Paris.

Malet se dirige ensuite sur le quartier général de la place de Paris, mais son commandant Hulin lui pose des questions avant d’accepter ses ordres. Voyant ses ouvertures mal reçues, Malet lui tire à bout portant un coup de pistolet qui lui fracasse la mâchoire. Il est ensuite démasqué par le colonel Doucet et son adjoint Laborde, chef de bataillon. Ceux-ci le font ligoter et enfermer en prison.

Malet et les participants au coup d'État sont traduits le 29 octobre 1812, devant un conseil de guerre ; une quinzaine de personnes dont le général sont fusillées le jour même et le suivant dans la plaine de Grenelle.

Napoléon, alors empêtré dans la campagne de Russie, n’apprendra cette tentative de coup d’Etat qu’entre le 2 ou le 6 novembre (les avis divergent selon les historiens). Il en fut profondément éprouvé. ce coup d’État joint à une situation militaire désastreuse, précipiteront son retour à Paris. 

 

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