serurier autographe

Sérurier (Maréchal)

Jean Mathieu Philibert (1742-1819)
Maréchal d’Empire

« Ordre du jour » signée, Milan, 3 ventôse an VI (21 février 1798), 2 pages ½ in-folio, en-tête de l’Armée d’Italie. Très belle lettre de Sérurier à ses troupes, les encourageant à se ressaisir.
 
« Je parie, non de l’argent, mais l’honneur français que les troupes autrichiennes n’entreront pas dans Mantoue, tant qu’il y aura un seul soldat français »
 
« J’apprends que de toutes parts on employe les plus grands moyens pour séduire les troupes françaises et je sais que quelques unes se sont laissés entrainée. J’apprends encore qu’il y a des paris à Vérone et autre pays autres pays de l’Empereur, que les troupes autrichiennes seront dans Mantoue sous peu de jours. (on a cité l’époque, je ne m’en rappelle pas). Moi aussy je parie, non de l’argent, mais l’honneur français que les troupes autrichiennes n’entreront pas dans Mantoue, tant qu’il y aura un seul soldat français ; ces derniers me seront garants - j’en suis sur, qu’ils n’oublieront jamais leur devoir, qu’ils conserveront intact tout l’honneur qu’ils ont acquis, pendant La dernière guerre, et que si, nous sommes attaqués, nous ferons sentir ce que nous valons.
Depuis le peu de temps que je commande, j’ai employé tous les moyens possibles pour me procurer de l’argent, j’en ai déjà obtenu, et je ferai en sorte d’en trouver pour payer tout l’arrière. Soldats faites bonne garde : que nos ennemis si nous en avons, soient battus au moment qu’ils paraitrons ; mourrons plutôt à notre poste. Moi je vais m’occuper de pourvoir à tous vos besoins (…)
Sérurier ».
 
Cette lettre est tout à fait représentative de la personnalité de Sérurier décrit par les témoins comme rigoureux, incorruptible et fidèle. Napoléon douta toujours de ses compétences militaires mais il lui reconnaissait des vertus rares à l’époque : « Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour un aristocrate. Il avait moins d’élan que Masséna et Augereau, mais il les dépassait par la moralité de son caractère, la sagesse de ses opinions politiques et la sûreté de son commerce ». (Mémorial de Sainte-Hélène). 


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