louis aragon autographe

Aragon (Louis)

(1897-1982)
Ecrivain français

Lettre autographe signée « L », sans lieu, 22 mars (1943), à Georges Lorris, 2 pages in-8. Nos joignons un billet autographe signé « Georges Meyzargues » (nom d’emprunt pendant la Seconde guerre mondiale) au même (sans lieu ni date), 1 page in-12. 

 

« Mon cher Lorris.

je sais qu’André Rousseaux sera jeudi à Lyon. Voulez-vous tâcher de le joindre ? je crois qu’il a quelques préventions contre « Confluences ». Voulez-vous lui dire de ma part que même si elles sont fondées je lui demande instamment de les oublier. Arguez de l’époque que nous traversons, il comprendra aisément ce que je veux dire. 

Puisque c’était le désir de René Tavernier qu’il donne pour le n° sur le roman un article sur « Bernanos romancier » - ce n’est pas un service qu’il vous rendra seulement, à ma demande, c’est part de notre service public.

Voulez-vous lui dire que s’il vous donnait son adresse à Lyon (où il descend quand il vient) puisque le jeudi suivant (1er avril) il doit y faire une conférence peut-être pourrais-je descendre de mes montagnes et passer chez lui en début de l’après-midi de jeudi ou s’il préférait le vendredi (s’il reste le vendredi à lyon) - Merci - comme toujours, je ne suis pas certain de pouvoir venir, mais si oui, je vous téléphonerai pour avoir la réponse. De toutes les façons, A.R. peut m’écrire à l’adresse qu’il a toujours la même.

Quand parait votre numéro ? Y aurait-il ce « Matisse » ? Vous ne m’avez pas donné de nouvelles de mon ami le censeur.

Amicalement.

L.

Rappelez au besoin à A.R. que nos rapports à nous aussi ont commencé avec une certaine méfiance de ma part et pour des raisons sans doute analogues ; et dites-lui que j’en suis bien revenu, au delà des histoires personnelles ». 

 

La revue Confluences fut fondée en 1941 à Lyon (par Jacques Aubenque). Georges Lorris fut l’un des principaux collaborateurs à cette revue. De 1941 à 1943, en pleine Occupation, Confluences, « revue de la renaissance française », publia nombre d’écrivains fort peu favorables à Vichy, qui l’autorisait cependant à paraître (sauf d’août à octobre 1942) : Louis Aragon, Pierre Emmanuel, Paul Éluard, Henri Michaux, Francis Ponge, Robert Desnos, Max Jacob, Eugène Guillevic, André Frénaud, Jean Wahl, Louis Martin-Chauffier, Jean Paulhan, Gabriel Marcel… 

Des livraisons thématiques furent consacrées à la Suisse (1942), à Valery Larbaud (1944), à Jean Giraudoux (1945) et aux « Problèmes du roman », sous la direction de Jean Prévost. En 1945, puis en 1947, de nouvelles livraisons de Confluences, installée à Paris, virent le jour, privilégiant, dans une perspective d’ « humanisme moderne », des problématiques contemporaines, avant de s’arrêter définitivement, en 1950. Parallèlement à la revue, les Éditions Confluences publièrent, pendant l’Occupation, une quarantaine d’ouvrages (Vladimir Jankélévitch, Gertrude Stein, Roger Caillois, Marc Beigbeder…).


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