emile zola autographe

Zola (Emile)

(1840-1902)
Écrivain et journaliste français

Lettre autographe signée, Paris, 2 décembre 1863, 2 pages 1/2 in-8. Rare lettre de jeunesse d’Émile Zola dans le besoin et n’ayant encore rien publié.

 

« Nous avons réellement un grand besoin de cette petite somme… »

 

« Cher Monsieur,

Ma mère a dû vous entretenir d’un emprunt de 100 francs que je désire faire, mes appointements n’ayant pas suffi, ce mois-ci, à solder de petits engagements que j’ai pris.

Elle m’a dit que vous aviez eu l’obligeance de lui donner l’espoir que vous pourriez nous procurer cette somme. 

Malheureusement le besoin est pressant. Les billets que j’ai souscrits tombent demain jeudi, et le prêt s’il ne vient avant demain soir, viendra trop tard.

Veuillez donc, cher monsieur, nous donner une réponse décisive. J’avoue que, comptant presque sur vous, nous n’avons pas cherché autre part.

Ma mère est un peu souffrante. Elle se rendra cependant demain au lieu (ou) elle a l’habitude de vous trouver. Si vous pouvez nous donner une réponse auparavant d’une façon quelconque, vous nous rassurerez.

Recevez, cher monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus affectueux.

Emile Zola.

N.B. - Il est bien entendu  que j’accepterai pour les remboursements les conditions et le mode que l’on voudra, soit billets, soit tout autre moyen. Nous avons réellement un grand besoin de cette petite somme; et j’attends votre réponse avec impatience

E.Z. ».

 

Arrivé à Paris en 1858 pour rejoindre sa mère et ayant échoué au baccalauréat en 1859, Émile Zola affronte sans qualification le marché du travail et entre comme employé aux écritures aux docks de la douane en avril 1860. Insatisfait, il démissionne au bout de deux mois et connaît une longue période sans emploi, difficile moralement et financièrement, jusqu'au moment où il parvient à entrer en contact avec Louis Hachette, qui l'embauche comme commis dans sa librairie le 1er mars 1862. Il est naturalisé français le 31 octobre 1862. Apprécié et multipliant les contacts avec le monde littéraire, il reste quatre ans au service de publicité chez Hachette, où il occupe finalement un emploi équivalent à celui des attachés de presse modernes.

À la librairie Hachette, l'idéologie positiviste et anticléricale le marque profondément. Il y apprend de plus toutes les techniques du livre et de sa commercialisation. Travaillant avec acharnement pendant ses loisirs, il parvient à faire publier ses premiers articles et son premier livre, édité par Hetzel : Les Contes à Ninon (en 1864).


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