autographe révolution

Girondins (1793)

TALLIEN Jean-Lambert (1767-1820)
Conventionnel, Montagnard, un des artisans du 9 thermidor

Lettre autographe signée, La Réole, 2 octobre 1793, à Clément de Ris, 3 pages in-4. Très intéressante de Tallien alors envoyé en mission pour écraser le mouvement girondin.
 
« Tout annonce que la faction Girondine sera bientôt anéantie… »
 
« J’ai reçu, mon cher Clément, votre lettre et j’ai été infiniment sensible aux reproches fraternels qu’elle contient. J’avoue que j’ai des torts ; cependant la multiplicité des occupations dont j’ai été surchargé pendant mon séjour dans le Département de Lot et Garonne peut un peu m’excuser. Tout était à faire dans ce département. Corps administratifs, Municipalités, Tribunaux, Juges de paix, employés, sociétés, population même : il a fallu tout casser et rétablir. Le Girondisme avait perdu ce Département et notre présence y était bien nécessaire. Tout va mieux aujourd’hui ; Les Girondins sont expulsés, mis en état d’arrestation et remplacés par de braves Sans culottes montagnards. La levée en masse s’opère avec facilité enfin j’espère que ça ira.
 
Depuis deux jours je suis réuni avec votre compatriote Isabeau. Nous sommes tous deux chargés de l’expédition de Bordeaux. Tout annonce que la faction Girondine sera bientôt anéantie. Et qu’il n’en coutera pas une goutte de sang. Ne croyez cependant à tout ce qu’on répandra sur Bordeaux : n vous dira que la Révolution est faite dans cette ville, que la Municipalité est renouvellée et que tout va bien, cela n’est pas exact : les Chefs de la Conspiration ne sont pas encore arrêtés. Le Département et les autres autorités constituées ne sont pas encore renouvellées. Enfin le Régime des lois n’est pas encore établi à Bordeaux. Sous très peu de jours, nous nous mettrons en marche avec quelques bataillons pour entrer dans cette ville et voler au secours des Sans culottes trop longtemps opprimés. Vous me connaissez mon ami et vous pouvez être assuré que tout en faisant respecter la volonté nationale, je n’épargnerai rien pour qu’aucun mouvement tumultueux ne vienne troubler cette révolution morale. Je vous écrirai de Bordeaux… »
 
Envoyé en mars 1793 en mission dans le Loir-et-Cher et L’Indre-et-Loire pour activer la levée de centaines de milliers d’hommes, Tallien doit d’abord organiser la défense des deux départements face à l’insurrection vendéenne qui débute. Fin mai, Tallien rentre à Paris pour informer la Convention de la gravité de la situation en Vendée, mais surtout pour participer à la chute de la Gironde. C’est lui qui, avec Billaud-Varenne, fait renvoyer le 2 juin la pétition du département de Paris contre les Girondins au Comité de salut public, ce qui entraîne leur arrestation. Le 23 août 1793, Tallien est envoyé en mission avec le député Ysabeau dans le Lot-et-Garonne, la Dordogne et la Gironde, pour y assurer la levée en masse. Il instaure une commission militaire à Bordeaux pour juger les « fédéralistes », taxe les riches et décide de distribuer les terres incultes aux sans-culottes.
 

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