james joyce autographe

Joyce (James)

(1882-1941)
Romancier et poète irlandais

Lettre autographe signée, (Londres), 29 avril 1931, à Jean Paulhan, 2 pages in-8, en-tête de l’Hôtel Belgravia. Réparation sur une fente, Marque de crayon à papier bleu. Très belle et rare lettre de Joyce au sujet de la traduction d’un fragment de Finnegans Wake.
 
« Il est très sceptique au sujet d’une traduction d’Anna Livia Plurabelle… »
 
« Cher Monsieur Paulhan :
J’ai causé l’autre jour avec mon voisin ici M. George Moore, (121 Elbury Street, Pimlico). Il est très sceptique au sujet d’une traduction d’A.L.P. (Anna Livia Plurabelle) surtout en français. Il proteste même avec toute la vigueur de ses 81 ans que c’est impossible. Veuillez donc lui faire parvenir un exemplaire de la N.R.F. afin qu’il puisse voir de ses propres yeux et toucher de ses doigts les plaies que les lances du septante ont infligées au flanc suprême.
Je reste encore touché et ému par la bienveillance gracieuse avec laquelle la grande dame Anna Sequana a semblé écouter le bébébabil de la petite dublinoise.
Agréez, cher Monsieur Paulhan, l’assurance de ma parfaite considération.
James Joyce
Le 29 avril 1931 ».
 
Au début de cette lettre, James Joyce mentionne le célèbre poète, critique d’art et auteur dramatique irlandais George Moore (1852-1933) qui fut notamment un ami d’Edouard Manet.
Anna Livia Plurabelle est le nom d’un personnage de Joyce dans son roman Finnegans Wake. Ce personnage incarne la rivière Liffey qui traverse la ville de Dublin. La traduction de ce texte célèbre venait de paraître à la Nouvelle Revue Française dans le numéro 212 du mois de mai 1931 grâce aux efforts conjugués de Joyce, de Philippe Soupault, de Samuel Beckett, d’Alfred Peron et d’Eugène Jolas entre autres. Finnegans Wake est un roman expérimental écrit par Joyce à Paris sur une période de 17 ans et publié en 1939 (Faber & Faber, Londres).
Joyce fait aussi allusion avec « les lances du septante » à la traduction grecque de l’Ancien Testament que les apôtres citent dans leurs écrits en l’associant très librement à un passage de la Passion du Christ. Autre extrapolation joycienne, Sequana représente dans la mythologie celtique gauloise le nom d’une nymphe légendaire chargée de protéger la source de la Seine. Ce nom de Sequana désignant ici sous la plume de Joyce la Seine ; et le « bébébabil de le petite dublinoise » désigne Adrienne Monnier qui avait organisé à Paris, le 26 mars 1931 une séance de lecture en l’honneur de Joyce et d’Anna Livia Plurabelle.
 

20.000 €