guerre de vendée autographe

Guerre de Vendée (1794)

WOIRGARD Charles-Victor Beaurgard dit(1764-1810)
Général de brigade français

Lettre signée, Concourson-sur-Layon (Maine-et-Loire), 6 nivôse an III (26 décembre 1794), au conventionnel Charles Cochon de Lapparent, 2 pages in-4, en-tête imprimé « Le général de brigade Beaurgard » avec vignette gravée sur bois. Petite déchirure angulaire. Très intéressante lettre sur la Guerre de Vendée au moment où s’ouvrent des négociations de paix entre les insurgés royalistes et le Convention.
 
« C’est copie d’une proclamation de monsieur Stoflet, vice roi de Vendée (…) pour terminer cette malheureuse guerre, il faut cette discipline sévère… »
 
« Au représentant du peuple Cochon
Je profite Représentant de la permission que tu as bien voulu m’accorder de t’écrire, et te rendre compte de ce qui se passe à l’armée de l’ouest. Elle est maintenant disciplinée et il ne ce commet plus ses horreurs qui de tous tems ont révolté l’honnête homme. Le gal en chef Canclaux (Jean-Baptiste Canclaux) mérite la confiance de toute l’armée, et avec de pareille chef on ne peut opérer que le bien.
Le soldat républicain sera toujours ce que sera son chef.
Les brigands ne paraissent point disposé à se rendre. Nous avons eux plusieurs pour-parler avec eux ; dont plusieurs de nos camarades ont été victimes de leur trop de confiance, et ont péri par leur zêle à leur faire sentir que la Convention ne leur accordait cette amnistie que par acte d’humanité et non par crainte. J’ai été obligé de défendre sous les peines les plus sévères tous colloques avec eux.
Je te fais passer une pièce originale en son espèce.
C’est copie d’une proclamation de monsieur Stoflet, vice roi de Vendée, cmdt en chef les armées de l’Anjou et du Haut-Poitou ; par sa lecture tu verras qu’ils sont loing de se rendre (j’entends les chefs)
(…)
Conformément aux intentions du comité de salut public, nous avons parvenus à mettre les vertus à l’ordre du jour dans l’armée de l’Ouest, et nos braves frères d’armes commance à sentir comme vous représentans que pour terminer cette malheureuse guerre, il faut cette discipline sévère où nous les maintenons (…)
Beaurgard ».
 
Beaurgard sert à Jemmapes et Neerwinden, et devient général de brigade provisoire le 12 avril 1793, confirmé le 30 avril 1793. Suspendu de ses fonctions en octobre 1793, il est emprisonné puis remis en liberté en août 1794 et retrouve son grade. À l’armée de l’Ouest, il est destitué en 1796, par Hoche, pour avoir favorisé le pillage et l’indiscipline. Mais il est blanchi par un conseil de guerre et retrouve son grade en décembre 1796. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe à Paris.
Au printemps 1794, les colonnes infernales de Turreau avaient été dissoutes et des mesures prises pour cantonner les soldats et interdire les pillages. Sous la Convention thermidorienne, les représentants en mission et les nouveaux chefs militaires (Hoche et Canclaux) appliquent une politique de clémence à l’égard des insurgés. Les prisonniers sont relâchés et les insoumis amnistiés. Le 23 décembre 1794, la Convention autorise les représentants en mission à négocier avec les chefs royalistes. Le 28 janvier 1795, Stofflet demande le rétablissement du trône dans un manifeste contresigné par l’abbé Bernier. Un accord de paix est néanmoins conclu le 17 février 1795 (paix de La Jaunaye). Stofflet ne reconnaitra jamais cette paix et accusera Charrette d’avoir trahi la Vendée. 


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