marat autographe

Marat (Jean-Paul)

(1743-1793)
Médecin, journaliste et homme politique français

Lettre autographe signée, Paris, 31 août (1792), au directeur de l’imprimerie nationale Etienne Anisson-Duperron (1748-1794), 1 page in-4, adresse. Ancienne collection Fossé-Darcosse.
 
Rare lettre de Marat au moment où celui-ci s’empare d’une partie des presses de l’ancienne Imprimerie royale.
 
« L’ami du peuple fait ses compliments patriotiques à Monsieur Annisson, qu’il prie de vouloir lui faire remettre  au porteur les articles qui me manquent,
à Paris ce 31 août.
Marat ». 
 
Pas plus que Robespierre, Marat ne participe directement à l’organisation de l’insurrection du 10 août 1792. Néanmoins, cet événement renforce sa popularité et lui permet de réoccuper une place influente au sein du mouvement révolutionnaire (après en avoir été écarté).
Selon les Mémoires de madame Roland, juste après le 10 août, Marat avait fait enlever quatre presses à l’imprimerie royale, ainsi que toute une série de caractères. Jules Michelet, dans son Histoire de la Révolution française écrit : « le 10 août au soir, une troupe effroyable de gens ivres et de polissons avaient à grand bruit, apporté à l’Hôtel de Ville l’homme des ténèbres, l’exhumé, le ressuscité, le martyr et le prophète, le divin Marat. C’était le vainqueur du 10 août disaient-ils (…) La Commune prit plusieurs décisions vraiment étonnantes, celle-ci, entre autres, évidemment dictée par Marat : Que désormais les presses des empoisonneurs royalistes seraient confisquées, adjugées aux imprimeurs patriotes. Avant même que ce bel arrêt fut rendu, Marat l’avait exécuté. Il avait été tout droit à l’Imprimerie royale, déclarant que les presses et les caractères de cet établissement appartenaient au premier, au plus grand des journalistes, et, ne s’en tenant point aux paroles, il avait par droit de conquête, pris telle presse et tel caractère, emporté le tout chez lui ».
L’enlèvement de ces presses gêne considérablement le directeur de l’Imprimerie nationale qui s’en plaint auprès de Pierre-Louis Manuel, le Procureur de la Commune de Paris : « Le directeur observe que les quatre presses qui lui ont été enlevées par M. Marat font partie des dix qui ont été inventoriées comme appartenant à la nation par décret de l’Assemblée nationale du 14 août 1790, et que les livraisons qu’il pourrait faire d’autres ustensiles d’imprimerie et de caractères diminuent d’autant la propriété nationale dont il s’est reconnu dépositaire, en même temps qu’elles affaiblissent de plus en plus les moyens pour l’exécution du décret de l’Assemblée nationale qui a mis l’Imprimerie nationale en activité permanente de jour et de nuit » (lettre d’Anisson-Duperron datée du 23 août 1792).
 
Quels qu'aient été les désordres engendrés par l’expropriation des presses par Marat, celui-ci installe son imprimerie au rez-de-chaussée du cloître des Cordeliers. Elle ne fut probablement opérationnelle qu’au mois de septembre, notamment grâce à l’appui de La Section de Marseille (anciennement section du Théâtre français) qui s’était adressée au ministre l’Intérieur (Roland) pour exiger que l’on trouve les fonds nécessaires à l’impression et à la propagation des ouvrages patriotiques de Marat.  

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