charles baudelaire autographe

Baudelaire (Charles)

(1821-1867)
Poète français

Lettre autographe signée « C.B. », (Paris), samedi (28 juillet 1860), à Auguste Poulet-Malassis, 1 page in-8. Ancienne collection Armand Godoy. Très belle lettre de Baudelaire évoquant Wagner et Les Fleurs du Mal.
 
« Un moment où je travaille (…) à Wagner (…) la mise en ordre des Fleurs… »
 
« Mon cher ami, cela va vous arriver demain matin dimanche ; ainsi je ne serai pas coupable de vous avoir gêné.
Notre fête est manquée, à mon grand chagrin. Ah ! quelle vie ! J’ai perdu ma journée d’hier à courir après une passe pour moi-même, par Calonne, par Le Moniteur, impossible. Alors je me suis dit : 60 francs à dépenser et trois jours à perdre dans un moment où je travaille au Houzard et à Wagner.
Envoyez l’argent à Duranty.
Ainsi le 15, je ferai avec vous ce que nous aurions fait demain, la mise en ordre des Fleurs, et causer des moyens sérieux de diminuer ma dette.
Guérissez-vous bien et pensez à moi.
C.B. ».
 
À cette époque, Charles Baudelaire se consacre à trois projets d’écriture. Le premier étant l’adaptation théâtrale de la nouvelle de Paul de Molènes (1821-1862), « Les Souffrances d’un Houzard » (nouvelle qui était parue en juillet 1851 dans la Revue de Paris). Baudelaire s’était lié avec cet écrivain-soldat pour qui il vouait une véritable amitié. Le projet de Baudelaire concernant son "Houzard" ne fut jamais achevé. 
 
Le second projet était son étude sur Wagner (Richard Wagner et Tannhäuser à Paris, 1861). Baudelaire et de nombreux artistes (Théophile Gautier, Berlioz entre autres) avaient assisté le 25 janvier 1860 au concert de Wagner à Paris, salle Ventadour. Baudelaire était tombé littéralement amoureux des œuvres alors jouées par le compositeur allemand. Malgré les réactions mitigées, voir moqueuses dans la presse, Baudelaire s’était empressé d’écrire à Wagner pour lui témoigner toute son admiration (le poète parlait de « perte de conscience » à l’écoute de Tannhäuser et de « plus grande jouissance musicale » qu’il n’avait jamais éprouvée). Son étude paraitra dans La Revue Européenne le 1er avril 1861 (éditée par la suite en plaquette chez Dentu). 
 
Enfin la troisième œuvre dont il question dans cette lettre est bien entendu la réimpression de son recueil Les Fleurs du Mal (publié une première fois en 1857). Cette seconde édition paraitra en février 1861 chez Poulet-Malassis. Cette édition qui supprime les six poèmes censurés (en août 1857) fut enrichie de trente-cinq nouveaux poèmes et tirée à 1.500 exemplaires.  En mai 1861, Baudelaire cèdera à son éditeur (et à son beau-frère Eugène de Broise) le droit de reproduction exclusif de ses œuvres littéraires.


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