jean moulin autographe

Moulin (Jean)

(1899-1943)
Haut-fonctionnaire et résistant français.

Lettre autographe signée « Jean », Avignon, 3 novembre 1942, à sa mère et à sa sœur Laure Moulin, 2 pages in-12 oblongues sur carte (7 x 13 cm), enveloppe autographe jointe avec timbre (portrait de Pétain) et cachet postal. Très rare.
 
« Avignon, mardi 3 novembre.
Chère Maman, chère Laure,
Me voici en panne à Avignon car j’ai ce matin manqué mon train – qui depuis hier a été avancé de 20 minutes ! Je pensais pouvoir revenir à St Andiol pour passer la journée et liquider toutes nos affaires, mais ni les autocars pour Marseille ni le train pour Nice ne me permettent de le faire. Je repartirai donc à 16h pour être jeudi à 23 heures 30. J’en profiterai pour aller voir M. de Carli.
Hier soir j’ai continué à cueillir des cakis, mais je n’ai pu terminer… J’en ai pourtant porté 20 cageots à Bon (217 kilos) ce qui nous fera 1500 francs ! J’ai demandé à Jean d’encaisser car Bon cède son commerce jeudi. Il en reste encore peut-être 80 ou 100 k. mais je ne sais si Yvonne et Jean pourront les cueillir étant donné qu’ils sont très hauts. Ils m’ont cependant promis de faire le nécessaire. J’en ai vendu 12 k. à nos voisins qui m’ont payé (84 f) et j’en ai porté encore un peu aux Esparvier.
J’ai également porté les colis à Yvonne.
Je serai à Nice jusqu’à jeudi après-midi. J’espère que je pourrai venir passer le dimanche à Montpellier et que j’arriverai à 11 heures du soir, samedi.
Bons baisers à toutes deux.
Jean ». 

Ayant rejoint Londres en septembre 1941, Jean Moulin est missionné par le général de Gaulle pour unifier les trois réseaux de résistance opérant sur le territoire français en zone non occupée (Combat, Franc-Tireur, Libération-Nord-Libération-Sud) en un seul mouvement.
Jean Moulin est parachuté dans les Alpilles dans la nuit du 31 décembre 1941 au 1er janvier 1942. Quelques jours après cette lettre, il participe à la création du Comité de coordination de la Zone Sud.
Pour faire face aux dangers de son travail clandestin, Jean Moulin mène en 1942 une double-vie. Du lundi au vendredi il séjourne à Lyon dans des chambres louées sous un faux nom. Chaque fin de semaine, il quitte la ville par un train du soir en direction du Sud, et passé Avignon redevient Jean Moulin avec sa vie officielle.

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